Retour

Demandeuse d'asile libérée après 10 semaines de détention aux États-Unis

Incarcérée à Plattsburgh après avoir tenté en juillet d'entrer légalement au Canada pour demander le statut de réfugiée, Sheila Prévost a été libérée mardi, soit 10 semaines plus tard, grâce à une caution de 6000 $ que sa famille a versée.

Après avoir vécu deux ans aux États-Unis avec l'aide de sa famille, Mme Prévost a voulu venir au Canada pour demander l’asile. Contrairement à des milliers d’autres qui ont sciemment choisi d'éviter un poste frontalier pour parvenir à leurs fins, elle a choisi de traverser la frontière par la voie légale. Toutefois, son permis de séjour en sol américain était expiré depuis un moment.

Mal lui en prit : elle a été retournée en sol américain, en vertu de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. De retour en sol américain, les douaniers ont constaté que son visa était périmé. Ils l’ont donc envoyée en prison.

En attendant de comparaître devant un juge qui va décider de son sort, Mme Prévost dit garder un souvenir amer de son séjour à la Clinton County Jail, qui a commencé le 25 juillet.

Il reste encore 40 détenus étrangers dont 17 femmes, dans cette prison, pour des infractions à la loi américaine sur l'immigration.

« On était traités comme des animaux », affirme Sheila Prévost. « Les gardiens étaient racistes, ils nous rabaissaient constamment devant les autres. » Elle donne l'exemple de coups de pied que des gardiens auraient donnés sur son plateau au moment de lui servir ses repas.

Pendant son séjour derrière les barreaux, Mme Prévost a reçu le soutien de Nadège Jean-Mardy, la directrice générale d'un regroupement social à Montréal qui a agi comme interprète dans la prison.

Une assistance difficile à obtenir

Cette situation des détenus étrangers dans les prisons américaines commence à faire tache d'huile.

Alex Vernon, avocat et professeur de droit à l'université de Détroit, s'est donné comme mission de visiter les prisons américaines situées en bordure de la frontière canadienne.

Il constate que beaucoup d'entre elles sont situées loin des grands centres, ce qui prive les détenus de l'aide juridique à laquelle ils ont droit.

Dernièrement, il s'est déplacé à Plattsburgh avec un groupe d'étudiantes pour rencontrer les détenus étrangers dans la prison. L'accès lui a été refusé pour des raisons de sécurité.

Des chiffres compilés par l'Université de Syracuse aux États-Unis démontrent que l'État de New York arrive en troisième position après la Californie et le Texas pour le nombre de détenus étrangers.

Les services correctionnels américains n'ont pas répondu à nos nombreuses demandes d'informations.

Avec les informations de Catherine Kovacs et Annie Hudon-Friceau

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine