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Démission du procureur en chef de la Commission d'enquête sur la protection des sources

Après que des doutes eurent été soulevés au sujet de son impartialité, le procureur en chef de la Commission d'enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques, Bernard Amyot, quitte ses fonctions.

Me Amyot a remis sa démission au président de la Commission, le juge Jacques Chamberland, lundi matin. Le fondateur du cabinet LCM Avocats a évoqué les questions soulevées à son endroit, « même si ces doutes n’ont aucun fondement juridique », a-t-il souligné.

La légitimité de Me Amyot à siéger était contestée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en raison de son attitude « ouvertement méprisant[e] à l’endroit des médias et des journalistes », notamment au sujet de Patrick Lagacé, qui a fait l'objet d’espionnage par le SPVM et dont le cas est à l'origine de la création de la Commission.

Dans un texte de près de 1000 mots publié en 2008 dans The Métropolitain, Me Amyot critique vertement le journaliste.

« Lagacé, qui n’est ni journaliste ni analyste, s’arroge tout de même le droit de faire la morale à tout le monde, sans toutefois qu’il daigne s’imposer à lui-même, d’une manière mesurée et rationnelle, la rigueur nécessaire au débat d’idées », écrivait-il.

Ce texte, qui a fait l’objet d’un article dans The Gazette le 20 janvier dernier, n'est pas le seul exemple des déclarations de Me Amyot qui provoquent un malaise chez les journalistes. Le site Droit-Inc a aussi recensé plusieurs de ses chroniques, toutes publiées dans The Métropolitain, où il reproche notamment aux journalistes d’être les « complices complaisants d’une propagande partisane ».

Ces récentes révélations ont contraint la Commission à se pencher sur la question. La participation de Me Amyot mettrait en cause la crédibilité des travaux de la Commission, avait fait valoir la FPJQ. « Nous ne mettons absolument pas en doute l'intégrité et le professionnalisme [de Me Amyot] et le remercions pour le travail accompli depuis son entrée en fonction », a conclu son président, le juge Chamberland.

« Je souhaite, par cette décision, éviter que ma participation à la Commission puisse mettre en doute, de quelque façon que ce soit, l'intégrité de ses travaux », a déclaré Me Amyot, près d’un mois après sa nomination.

Me Lucie Joncas, qui occupait jusqu'alors le poste de procureure en chef adjointe, a pris la place de Me Amyot depuis sa démission.

Le calendrier des audiences de la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques sera annoncé prochainement.

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