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Démission-surprise du président républicain de la Chambre des représentants

Le président de la Chambre des représentants des États-Unis, le républicain John Boehner, démissionnera à la fin du mois d'octobre. Il a annoncé vendredi, lors d'une rencontre avec son caucus, qu'il abandonnait non seulement ses fonctions, mais aussi son siège de représentant de l'État de l'Ohio.

« Mon projet initial était de ne rester président que jusqu'à la fin de l'année dernière, mais je suis resté pour apporter de la continuité à la conférence républicaine et à la Chambre », a-t-il expliqué dans un communiqué. « Je considère cependant qu'une crise de leadership prolongée causerait des dommages irréparables à cette institution. »

Selon des républicains de la Chambre, l'homme de 65 ans quitte en fait son poste sous la pression de l'aile la plus conservatrice de sa majorité, qui contestait sa stratégie parlementaire. Ils souhaitaient que M. Boehner adopte une approche plus intransigeante envers le président Obama et les démocrates.

La démission de M. Boehner survient alors que la Chambre des représentants doit approuver un projet de loi budgétaire d'ici le 1er octobre afin d'éviter une fermeture partielle du gouvernement, comme cela s'est produit en octobre 2013.

Certains représentants, dont des partisans du mouvement ultraconservateur Tea Party, refusent d'approuver tout projet de loi maintenant le financement de la grande organisation de planification familiale Planned Parenthood.

Selon des observateurs, le départ annoncé de John Boehner pourrait éloigner la perspective que le gouvernement ferme ses portes, en lui donnant la liberté de négocier avec la Maison-Blanche sans craindre désormais les représailles de l'aide conservatrice de son parti.

Se disant surpris par cette démission, le président Barack Obama a dit espérer que M. Boehner puisse accomplir le plus de choses possible d'ici son départ. 

« John Boehner est quelqu'un de bien. C'est un patriote. Il est très attaché à la Chambre, institution qu'il sert depuis longtemps. Il est très attaché à ses électeurs et à
l'Amérique », a-t-il déclaré à la presse. « Nous avons évidemment eu beaucoup de désaccords et nous sommes de bords politiques différents, mais [...] il s'est toujours montré courtois et affable avec moi. »

Divisions chez les républicains

Le départ de John Boehner, qui occupait ses fonctions depuis janvier 2011, expose néanmoins au grand jour les divisions au sein du caucus républicain. À la sortie de la rencontre de vendredi matin, certains représentants se réjouissaient ouvertement de ce dénouement, tandis que d'autres le déploraient.

Le représentant Tom Massie a par exemple soutenu que John Boehner avait « saboté la république », et que son départ était « inévitable »; son collègue David Jolly a plutôt pesté contre « l'idiotie de ceux qui cherchent à nous diviser ».

Selon le représentant Peter King, le chef de la majorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, est le favori pour succéder à John Boehner, qui était président de la Chambre depuis janvier 2011.

M. Boehner a lui-même déclaré que M. McCarthy serait un « excellent » choix. 

Selon Reuters, M. Boehner prévoyait demeurer à son poste jusqu'à la fin de l'an dernier, mais a changé ses plans lorsque son numéro deux, Eric Cantor, a perdu son siège après avoir été défait lors d'une primaire dans son district.

M. Boehner, qui avait fait son entrée à la Chambre des représentants en 1991, a annoncé son départ au lendemain du discours du pape au Congrès, un projet qui lui était cher. 

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