Les espèces à sang chaud sont apparues dans notre lignée au cours du Permien supérieur, il y a 252 à 259 millions d'années, a établi une équipe internationale de collaborateurs, qui estime aussi que cette caractéristique a favorisé leur survie lors de l'extinction du Permien-Trias. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

L’extinction du Permien-Trias a été marquée par la disparition de 95 % des espèces marines et de 70 % des espèces continentales. Le paléobiologiste américain la décrit d’ailleurs comme « [...] la mère de toutes les extinctions de masse ».

Le métabolisme pour résister

De nos jours, seuls les oiseaux et les mammifères sont à la fois capables de produire leur chaleur corporelle et de la maintenir à une température élevée et constante. La combinaison de ces deux caractéristiques, appelée l'endohoméothermie, est apparue chez les thérapsides, ancêtres reptiliens des mammifères.

Il y a 270 à 252 millions d'années, ces thérapsides formaient six sous-groupes, dont l'un d'eux, les cynodontes, a donné les mammifères.

Les chercheurs, dont certains associés au Laboratoire de géologie de Lyon, en France, ont rassemblé 90 fossiles découverts en Afrique du Sud, au Lesotho, au Maroc et en Chine, dont 63 de thérapsides appartenant à 22 espèces différentes, afin d'en étudier la composition isotopique de l'oxygène.

Deux isotopes stables (16O et 18O) sont incorporés différemment dans les os et les dents en fonction du métabolisme des animaux. Ainsi, un animal à sang chaud aura une composition isotopique distincte d'un autre à sang froid partageant le même environnement.

Leurs résultats montrent que huit espèces, issues de deux lignées différentes de thérapsides, étaient déjà endohoméothermes quelques millions d'années avant la grande extinction.

L'une d'elles, les dicynodontes, est maintenant éteinte. Mais une autre, les cynodontes, a donné les mammifères actuels. Toutes deux ont survécu à l'extinction d'il y a 252 millions d'années.

Selon les auteurs de ces travaux, leur résistance aux changements climatiques brutaux pourrait résider dans leur endohoméothermie.

Le détail de cette étude est publié dans la revue eLife.

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