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« Depuis sa radicalisation, les choses n'ont fait qu'empirer », dit le père d'Aaron Driver

Le père du sympathisant du groupe armé État islamique (EI) mort mercredi dans une confrontation avec la police alors qu'il s'apprêtait à commettre un attentat en Ontario a décrit un jeune homme perturbé et rebelle, qui a vécu une enfance difficile et s'est peu à peu isolé du reste de sa famille.

Selon la GRC, Aaron Driver, 24 ans, s'apprêtait à commettre un attentat dans un centre urbain à l'heure de pointe avec un engin explosif. Le jeune homme radicalisé figurait sur la liste de surveillance du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) depuis octobre 2014 pour avoir prêté allégeance à l'EI sur les médias sociaux.

Son père, Wayne Driver, un militaire canadien, dit avoir d'abord subi un choc lorsqu'il a appris la mort de son fils. « Ce n'était pas vraiment une surprise, avec le chemin qu'il avait emprunté. Avec toutes les preuves qu'ils avaient contre lui, j'étais surpris qu'ils ne l'aient pas arrêté, mais je suppose qu'il n'avait enfreint aucune loi qui leur permette de le faire », confie-t-il. 

Wayne Driver n'avait pas parlé à son fils depuis un mois. Il avait alors essayé de l'appeler, mais celui-ci lui avait raccroché au nez. « Je ne veux pas te parler », avait-il répondu.

La relation entre le père et le fils a toujours été difficile, ajoute Wayne Driver, mais elle a empiré au cours des dernières années.

Voir son fils se radicaliser peu à peu a rendu triste cet homme qui a élevé ses enfants dans la religion chrétienne. Il décrit également un jeune homme qui a connu une enfance difficile après la mort de sa mère d'un cancer du cerveau, quand il avait 7 ans. 

De l'enfant isolé à l'adolescent rebelle

Aaron Driver était quelqu'un de distant avec sa famille, selon son père. « Il ne voulait pas socialiser avec nous, même quand il vivait à la maison. Il était très secret, ne répondait pas quand on lui demandait ce qu'il faisait en ligne. Nous entendions les chants et les prières qu'il faisait, les enregistrements qu'il écoutait sur Internet. J'ai essayé d'obtenir des informations », explique-t-il.

Wayne Driver confie aussi qu'il craignait que son fils ne soit un jour impliqué dans un attentat et ne mette sa vie et celle d'autres personnes en danger. L'ancien avocat d'Aaron Driver a en revanche dit être sous le choc et a décrit le jeune homme comme quelqu'un de très calme et de très coopératif.

Son père explique cette différence d'opinions par le fait que l'avocat ne vivait pas avec Aaron. « Il [Aaron] était quelqu'un d'intelligent, il parlait bien, c'était quelqu'un de doux, vraiment. Son avocat ne vivait pas avec lui, il ne savait pas comment il était au quotidien, avec tous ses secrets », explique-t-il.

« Aaron ne leur a pas laissé d'autre choix [que de tirer] »

Wayne Driver dit aussi comprendre les mesures prises par la GRC et le fait qu'elle n'a eu, selon lui, pas le choix de tirer sur son fils.

Il rappelle également que son fils n'avait enfreint aucune loi permettant aux agents de la GRC de l'arrêter, avant qu'il fasse exploser son engin. « Malheureusement, les lois sont ainsi faites, les agents ne peuvent agir qu'après les faits. C'est pour cela que la Loi antiterroriste a été proposée, et je pense que c'est une bonne chose », fait-il remarquer.

Aaron vivait depuis quelque temps avec sa soeur, mais celle-ci n'a rien dit à leur père, selon ce dernier. « Elle est consternée. Elle me racontait qu'il aimait son travail, qu'il allait de l'avant. Il avait une compagne quand il vivait à Winnipeg, je ne sais pas si la relation a continué après le déménagement d'Aaron. Sa soeur n'avait aucune idée de ce qui se passait », dit-il.

Si elle avait su, elle aurait toutefois contacté la GRC, d'après son père, car elle a quatre enfants, qui vivent à la maison.

D'après Wayne Driver, son fils a pu construire ses bombes durant les journées, car il travaillait souvent la nuit ou en après-midi. « Il était très secret, il devait avoir un endroit où cacher ses activités quelque part dans la maison, sans que personne ne se doute de quoi que ce soit », croit-il.

Si son père a choisi de témoigner, c'est pour montrer que son fils était aussi un être humain, aimé de son entourage, qui s'est laissé entraîner par « le mauvais groupe de personnes ».

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