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Déraillement à Gogama : des résidents de plus en plus inquiets un an après

Un an après le déraillement d'un train du Canadien National (CN) qui transportait du pétrole brut près de Gogama, des résidents sont toujours aussi inquiets. Certains reprochent au CN de ne pas en faire assez pour réduire l'impact du déversement de plus d'un million de litres de pétrole sur l'environnement.

Un texte de Stéphany Laperrière

Selon Roxanne Veronneau, ce qui a changé à Gogama depuis le déraillement, c'est surtout l'état d'esprit des membres de cette petite communauté de moins de 500 habitants. « On se sent comme si c'est nous qui avons déraillé », raconte-t-elle

La propriétaire du Gogama Village Inn n'a pas réussi à vendre son auberge au cours de la dernière année, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. « Il faudrait presque la donner pour la vendre », dit-elle. Aucun touriste n'a visité son établissement cet été, pour la première fois en trois ans.

Roxanne Veronneau a donc entrepris des démarches pour obtenir réparation du Canadien National, mais n'a encore rien reçu.

Elle s'inquiète aussi beaucoup de l'impact du déraillement sur l'environnement et se montre sceptique quant aux informations transmises par le CN.

Selon le député d'Algoma-Manitoulin, Michael Mantha, les analyses effectuées par le CN ne sont pas suffisantes. « Les tests effectués par le CN, c'est pour rencontrer la législation et les normes mises en place par le gouvernement, ça ne veut pas dire que tout a été enlevé », soutient-il.

En novembre dernier, il a publié une vidéo dans laquelle il montre la rivière Makami et met en doute la qualité de l'eau qui s'y trouve. « Allons-nous pouvoir consommer le poisson? Je me demande qui va répondre à cette question pour les gens de Gogama », dit-il dans la vidéo.

Le nettoyage arrêté pour l'hiver

Le porte-parole du CN, Jim Feeny, affirme que l'eau et les sols ne sont plus contaminés, à l'exception de ceux situés sous les rails à l'endroit où s'est produit le déraillement. Un système a toutefois été installé pour empêcher la migration de cette contamination.

Les travaux de nettoyage ont été interrompus pour l'hiver et reprendront dès que les conditions le permettront, mentionne Jim Feeny.

En attendant, les résidents se sentent abandonnés, souligne Roxanne Veronneau. « Depuis la fin de l'été, il n'y a plus personne au village, on ne sait rien de ce qui se passe », dit-elle.

Certains résidents découragés refusent même de parler, puisqu'il n'y a selon eux plus rien à dire.

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