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Déraillement de train à Saint-Polycarpe : le nettoyage sera long

Le nettoyage et le dégagement de la principale ligne ferroviaire du Canadien Pacifique (CP) au pays s'annoncent longs et ardus à la suite du déraillement d'un train à Saint-Polycarpe, en Montérégie. Mais cela n'a pas empêché la reprise du transport des marchandises vers minuit, mercredi.

C'est ce qu'a confirmé le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Yves Poirier. L'opération nettoyage se poursuit mercredi.

Selon Guy Laporte, du Bureau de la sécurité dans les transports, 35 wagons ont déraillé. Lors du déraillement survenu vers 18 h 55 dans une zone agricole de Saint-Polycarpe, le convoi du CP comptait 95 wagons, dont 76 étaient chargés et 19 étaient vides.

Parmi ces wagons, plusieurs transportaient du pétrole brut et du gaz propane. L'un d'entre eux est d'ailleurs tombé directement dans la rivière Delisle qui traverse la municipalité, tandis que quatre autres wagons-citernes sont suspendus sur un ponceau.

Le déraillement n’a pas causé de déversement de matière dangereuse, selon le ministère de l'Environnement. Aucun incendie ni aucune fuite ne se sont produits à partir des wagons endommagés, a ajouté le ministère.

« Aucun de ces wagons ne représente une menace pour l'environnement, car ils sont intacts et il n'y a aucune fuite », a assuré plus tôt le porte-parole du ministère de l'Environnement, Stéphane Degarie. Le ministère rapportait cependant une fuite « mineure » d'huile végétale, une matière qui ne représente aucun danger pour l'environnement ou la sécurité des travailleurs.

On ne connaît pas encore la cause du déraillement. Un enquêteur du Bureau de la sécurité dans les transports a été dépêché sur les lieux pour éclaircir les circonstances de cet accident.

« Ils [le CP] ont des enjeux commerciaux, mais leur principale et première responsabilité, c’est de s’assurer de la sécurité de la population, c’est de s’assurer de la protection de l’environnement », a souligné le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, lors d'un point de presse tenu mardi avant-midi.

Il faudra plusieurs jours avant que la voie soit dégagée et que les rails soient réparés. Chacun des wagons-citernes devra en effet être vidé avant d'être déplacé et il faut compter en moyenne une quinzaine d'heures de travail pour vider un seul wagon.

Un secteur sensible

Heureusement, l'accident s'est produit dans une zone peu habitée où seules deux maisons se trouvent à proximité. Urgence-Environnement a indiqué qu'il n'y a pas eu d'évacuation.

Mais si le déraillement était survenu un kilomètre plus loin, dans le hameau de De Beaujeu, les conséquences auraient pu être tragiques, a souligné le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Yves Poirier, pour qui le spectre d'une tragédie comme celle de Lac-Mégantic n'est jamais très loin.

Rappelons que la localité de De Beaujeu abrite un croisement des lignes principales du CP et de VIA Rail. Une infrastructure appelée « un diamond » dans le jargon ferroviaire.

La ministre déléguée à la Santé et députée de Soulanges, Lucie Charlebois, a expliqué que ce n'est pas d'hier que les citoyens sont préoccupés par le passage de ces convois dans le secteur. Le gouvernement avait d'ailleurs imposé des limites de vitesse plus basses aux trains qui y circulent, il y a quelques années.

Sous la limite de vitesse permise

À ce chapitre, Guy Laporte, su BST, a précisé que le convoi circulait à 56 km/h lorsqu'il a déraillé alors que la vitesse permise dans le secteur est de 64 km/h. Le train ne se déplaçait donc pas à une vitesse excessive quand le déraillement s'est produit environ une centaine de mètres après un passage à niveau.

Même s'ils circulent moins rapidement qu'avant, les trains ne sont pas à l'abri d'un déraillement, a souligné la ministre Charlebois après une visite des lieux de l'accident. Selon elle, le transport des produits pétroliers est toujours risqué, mais il doit se faire d'une façon ou d'une autre.

La ministre a ajouté qu'elle entendait suivre les travaux de nettoyage de près à Saint-Polycarpe et assister à toutes les réunions en compagnie du maire Jean-Yves Poirier.

Sur sa page Facebook, la municipalité a par ailleurs informé sa population de la fermeture, pour plusieurs jours, du chemin Élie-Auclair, entre les chemins De Beaujeu et Saint-Georges.

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