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Dernier jour d'une campagne sans surprise en Saskatchewan

La campagne électorale en Saskatchewan est sur le point de se terminer. Le Parti saskatchewanais de centre droit, dirigé par Brad Wall, trône au sommet des sondages et s'il remporte ses élections, la province sera la seule dirigée par un conservateur au Canada.

Un texte de Sylvain Bascaron

Le premier ministre Brad Wall a su minimiser les risques, pour son parti et lui-même. Il a opté pour une campagne de 27 jours, la durée la plus courte permise par la loi. Son gouvernement n'a pas déposé de budget avant la dissolution de la Chambre, une décision judicieuse puisque le faible prix du pétrole et de la potasse ont creusé un déficit de 400 millions de dollars dans les finances publiques. Le gouvernement devra sans doute faire des coupes, qu'il annoncera après les élections.

Une tendance lourde

Éric Grenier fait cette analyse après avoir compilé tous les sondages publiés durant la campagne. En date de samedi, sa dernière compilation donnait 59,9 % des intentions de vote au Parti saskatchewanais, ce qui devrait lui donner environ 49 sièges, comme en 2011. Le plus proche opposant de Brad Wall serait le NPD, qui aurait 30,7 % des intentions de vote pour environ 12 circonscriptions, ce qui voudrait dire un gain de 3 sièges par rapport à la dernière campagne. Enfin, Éric Grenier ne prévoit aucun siège pour les autres partis, qui se divisent moins de 10 % des intentions de vote.

L'analyste observe aussi qu'un fossé s'est creusé dans les intentions de vote à Regina. Le Parti saskatchewanais a pris une avance dans la capitale, alors qu'il était au coude-à-coude avec le NPD en début de campagne. Selon Éric Grenier, cette tendance peut s'expliquer par les sondages : « Peut-être que les gens regardent les sondages et savent que les néo-démocrates ne sont pas dans une position pour gagner cette élection. Il y a peut-être un effet d'entraînement qui est bon pour M. Wall. »

L'économie

« Cette élection sera à propos de l'économie », avait déclaré Brad Wall, le jour du déclenchement de la campagne. Depuis, il martèle le message que depuis son arrivée au pouvoir, des milliers d'emplois ont été créés, plus de 100 000 personnes ont choisi de vivre dans la province, et que tout ça s'est fait sans compression dans les services. Il veut laisser croire aux Saskatchewanais que le NPD est un parti qui appartient au passé, et qui ne fait que critiquer.

« Le gouvernement du Parti saskatchewanais n'a pas déposé son budget avant les élections », a répondu le chef du NPD Cam Broten, dans un rassemblement à Saskatoon, à quelques jours des élections. « Les familles saskatchewanaises doivent s'en inquiéter, s'attendre à des coupes en santé et en éducation. »

Mais les néo-démocrates peinent à faire entendre leur message, estime l'historien et observateur politique de Regina Stephen Kenny. « C'est très difficile, ils ont un jeune chef, qui, dirais-je, est un adversaire qui manque d'envergure. »

De berceau à forteresse

La Saskatchewan a pourtant une tradition néo-démocrate très forte. C'est d'ici que venait Tommy Douglas, premier chef fédéral du NPD, et père du régime public de santé au Canada. Roy Romanow est un autre grand néo-démocrate saskatchewanais. Stephen Kenny voit en Brad Wall l'étincelle de Tommy Douglas : « Brad Wall a le même génie. Il a un excellent sens de l'humour, il a un excellent sens de la riposte. Les gens l'aiment bien, alors c'est drôle à dire, mais c'est presque la version conservatrice de Tommy Douglas. »

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