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Des Américains qui déménagent au Canada, vraiment?

L'élection de Donald Trump à la présidence mène certains Américains à envisager de quitter leur pays pour déménager chez leur voisin du nord. Passeront-ils de la parole aux actes?

Un texte d'Alain Labelle

De nombreuses célébrités ont menacé de le faire durant la campagne électorale : d'Amy Schumer à Barbra Streisand, en passant par Miley Cyrus, Stephen King et Cher.
Il est certainement facile de partager sa frustration par un message Twitter ou de réaliser quelques recherches sur Internet pour recueillir de l'information sous le coup de l'impulsion.

L'exemple de Google

La chose est vérifiable. En 2004, lors de la réélection de George W. Bush, des milliers d'Américains avaient effectué une recherche « move to Canada » sur Google.

Les données préliminaires de Google actuellement disponibles laissent à penser que le phénomène se répète actuellement. D'autant plus qu'il avait été remarqué en mars dernier, quand Trump a remporté sept victoires aux primaires. L'éditeur de données de Google, Simon Rogers, avait expliqué à l'époque que les recherches portant sur la façon d'immigrer au Canada avaient grimpé de 350 %, avec une pointe de 1150 %.

Il est à noter que le terme « move to » est également plus populaire pour des pays anglophones comme le Royaume-Uni et l'Australie.

Immigration Canada

L'intérêt pour le Canada semble également mener les internautes américains à converger en grand nombre vers le site d'Immigration Canada, qui connaît des ratés depuis mardi soir, même si le ministre John McCallum refuse de lier l'augmentation du trafic à l'élection de Donald Trump.

Le porte-parole Rémi Larivière explique que le ministère analyse actuellement la géolocalisation des connexions pour vérifier leur origine. 

L'invitation du Cap-Breton

En Nouvelle-Écosse, la création du site web « Cape Breton if Trump Wins » se voulait d'abord une blague de l'animateur de radio Rob Calabrese. Il cherchait à se moquer du candidat populiste républicain, tout en vantant les charmes de l'île.

M. Calabrese explique que quelques semaines après la création du site, en février, presque 1 million de personnes en provenance de partout dans le monde l'avaient visité. Des milliers d'entre eux avaient envoyé des courriels demandant des informations sur l'île, des partisans démocrates, mais également des républicains.

C'était une visibilité inespérée pour le Cap-Breton qui connaît un exode important de sa population. Selon Mary Tulle, directrice de Destination Cap-Breton, cette publicité a provoqué une hausse de l'achalandage touristique sur l'île du littoral atlantique qui s'est traduite par une augmentation de 14 % des nuitées entre janvier et août.

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Passer à l'acte

C'est une chose de menacer de quitter son pays sur les médias sociaux ou de s'informer sur ses options, mais de là à passer aux actes, c'est une autre histoire. Le ministère de l'Immigration ne peut pas spéculer sur les raisons qui poussent les Américains à demander une résidence permanente au Canada.

En fait, lorsque George W. Bush a battu John Kerry en 2004, 6990 Américains ont reçu une résidence permanente. Les données d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada montrent que ce nombre est passé à 8394 en 2005, la première année de son second mandat.

Le nombre d'Américains qui ont reçu la résidence permanente a atteint un sommet la dernière année du second mandat de George W. Bush en 2008, soit 10 190, un record depuis 1980. Ce nombre a ensuite diminué lors du premier mandat du président Obama.

Par ailleurs, n'immigre pas au Canada qui veut. Le pays possède des critères d'admissibilité stricts. Une offre d'emploi, un numéro gagnant à la loterie de la citoyenneté ou un porte-feuille d'investisseur peuvent cependant faciliter le processus.

Encore faut-il que le site d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada soit fonctionnel!

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