La construction du système léger sur rail (SLR) de la Caisse de dépôt et placement du Québec continue de susciter l'inquiétude dans le secteur Griffintown de Montréal.

Un texte de François Cormier

Deux bâtiments à caractère patrimonial se retrouvent sur les lots faisant l'objet de réserves foncières. Et pour le moment, la division de la Caisse de dépôt et placement qui s'occupe du projet, CDPQ Infra, ne peut dire si elle aura besoin de ces terrains, mais elle se veut rassurante.

Selon Héritage Montréal, l'avenir de deux bâtiments sera à surveiller. Le premier est Le Rodier, qui abritait l'ancien magasin Baron Sport, sur la rue Notre-Dame Ouest. En novembre 2010, la ville l'a acheté pour la somme de 1,6 million de dollars. Construit à la fin du 19e siècle, il s'agit d'une série de bâtiments qui ont été regroupés.

Le New City Gas, sur la rue Ottawa, est encore plus important, selon Héritage Montréal. L'organisme le décrit comme l'emblème du début de l'éclairage urbain au gaz. Construit dans les années 1860, il est l'oeuvre de l'architecte John Ostell qui a également conçu les tours de la Basilique Notre-Dame.

« Dans les deux cas, on a affaire à des bâtiments intéressants, voire même importants », insiste Dinu Bumbaru d'Héritage Montréal.

Le propriétaire du New City Gas, Harvey Lev, appelle d'ailleurs les élus à se mobiliser et intervenir pour sauvegarder cet édifice. « J'ai 30 jours pour essayer de créer quelque chose pour essayer de sauver la place », se désole-t-il.

Les documents légaux du ministère de la Justice évoquent d'ailleurs que les propriétaires des terrains touchés ont un mois pour contester la réserve foncière. « Il faut respecter le patrimoine de notre pays. Il faut montrer à nos enfants ces bâtiments du passé », poursuit Harvey Lev.

Des projets municipaux en péril?

En plus des bâtiments à caractère patrimonial, le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoît Dorais, soulève que deux projets devaient prendre racine sur les lots visés par des réserves foncières.

Selon toute vraisemblance, les installations ne pourront être faites puisqu'une réserve foncière interdit toute construction ou amélioration sur un terrain visé.

Benoît Dorais parle notamment d'un bassin de rétention qui devait être creusé devant le New City Gas, où se trouve actuellement un stationnement. « On en a besoin de ce bassin de rétention. Les gens attendent aussi le futur parc. Ça leur a été promis. Nous sommes laissés un peu à nous-mêmes », s'inquiète-t-il.

Il ne devrait pas y avoir de panique, dit le MTQ

Le ministère des Transports rappelle qu'aucune décision n'a été prise quant à l'avenir de ces terrains.

Pour l'instant, il ne s'agit que de réserves foncières. « Il n'y a pas de processus d'expropriation engagé. Une fois le tracé finalisé, on pourra cibler les terrains qui seront vraiment touchés », explique la porte-parole du ministère des Transports Sarah Bensadoun.

Quant à CDPQ Infra, elle explique que ce secteur est névralgique puisqu'il faut faire en sorte que le système léger sur rails puisse s'arrimer avec les rails déjà existants pour se rendre à la Gare centrale de Montréal, au centre-ville. « L'intention, c'est d'éviter les impacts sur les édifices à caractère patrimonial. Pour nous, ce sont des points sensibles », fait savoir Jean-Vincent Lacroix de CDPQ Infra.

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