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Des Burundais craignent un génocide dans leur pays

Des personnalités du Burundi parcourent le Canada ces jours-ci pour prévenir les gouvernements et la population que leur pays risque de connaître le même sort tragique que le Rwanda voisin, après 10 ans de paix relative. Ces Burundais craignent que leur pays sombre bientôt dans un génocide, alors que les opposants à la réélection du président Nkurunziza sont victimes d'une chasse aux sorcières.

Un texte d'Éric Plouffe

« Ils sont allés loin. Jusqu'à les brûler dans l'acide, les tuer, les torturer ». Marguerite Barankitse s'occupait d'enfants abandonnés au Burundi lorsqu'elle a dû fuir son pays cette année après la réélection contestée du président Pierre Nkurunziza. Le leader burundais a choisi de contrevenir aux accords de paix en se représentant pour un troisième mandat, ce qui a provoqué des manifestations suivies de répressions sanglantes.

« La première victime de ces manifestations, c'est un enfant de 15 ans agenouillé dans la rue devant sa maison, les bras en l'air, raconte Marguerite Barankitse lors d'une conférence de presse à Montréal. Le policier de l'État s'est avancé et a assassiné cet enfant. Je me suis dit que je ne pouvais pas me taire. »

Les violences sont telles qu'elle craint même un génocide, comme l'a connu le pays voisin, le Rwanda. C'est pour cette raison qu'elle effectue une tournée dans différents pays, comme la Belgique, l'Allemagne et le Canada, dans l'espoir de voir la communauté internationale faire pression sur le gouvernement burundais.

Lors de cette conférence de presse, Mme Barankitse était accompagnée de l'ex-président de l'Assemblée nationale du Burundi, qui est aussi en exil, Pie Ntavyohanyuma. Ce dernier a demandé au Canada d'être plus souple dans l'accueil de réfugiés burundais, qui fuient le pays par milliers. Il souhaite aussi que le Canada, avec d'autres pays, fasse pression sur le Burundi pour que de nouvelles élections soient organisées et que cessent les violences.

Ces personnalités burundaises ont contacté le bureau du nouveau ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, dans l'espoir d'obtenir une rencontre.

Un pays en proie à la violence

D'après les Nations unies, 200 personnes ont été tuées au Burundi depuis l'annonce du président Pierre Nkurunziza de se présenter pour un troisième mandat, en avril dernier. Il a été réélu le 21 juillet lors d'un scrutin contesté, faisant fi de la Constitution et de l'accord d'Arusha, qui a mis fin à la guerre civile (1993-2006).

Après avoir mâté une tentative de coup d'État militaire, les autorités ont redoublé la répression à l'endroit de l'opposition, composée de la société civile et d'une partie du camp présidentiel. 

L'ultimatum lancé par Nkurunziza aux insurgés pour se rendre avant le 7 novembre fait craindre une escalade de la violence. Les États-Unis expriment leurs « grandes craintes », alors que l'Union africaine réitère sa « profonde préoccupation » concernant les potentielles « conséquences dévastatrices » de la crise au Burundi.

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