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Des Canadiens en route pour la marche des femmes à Washington refoulés à la frontière

Des Canadiens qui désiraient assister à l'assermentation de Donald Trump et à la Marche des femmes en opposition au nouveau président à Washington ont dû rebrousser chemin après avoir été questionnés sur leurs opinions politiques à la frontière.

Le Montréalais Joseph Decunha a tenté d’entrer aux États-Unis en compagnie de deux amis américains au poste frontalier de Lacolle vers 22 h, jeudi. L’étudiant en physique à l’Université McGill s’est vu refuser l’entrée, tandis que ses compagnons ont pu traverser la frontière.

La première chose que [le douanier] nous a directement demandé c’est si nous étions anti-Trump ou pro-Trump.

Joseph Decunha

À la suite d'une conversation que le citoyen canadien qualifie de normale et joviale avec un douanier sur ses convictions politiques, on a pris ses empreintes digitales, puis on lui a interdit l'entrée aux États-Unis pour la fin de semaine. Les douaniers ont invoqué des raisons administratives pour expliquer le refus.

Un agent lui a également demandé s’il avait déjà voyagé au Moyen-Orient et ce qu’il pensait de la violence.

Il est préoccupant de constater que nous sommes filtrés à la frontière selon nos croyances politiques. […] Je sens que nous avions été pro-Trump, nous aurions eu l’autorisation de passer.

Jospeh Decunha

Sasha Dyck, également de Montréal, s’est quant à lui fait interpeller alors qu’il voyageait avec un autre groupe de Canadiens.

Il n’a pas pu continuer sa route après avoir signifié aux agents qu’il comptait assister à la Marche des femmes à Washington.

Un couple de Sudbury en Ontario, Amber Gazdic et Chris Bolestridge, a obtenu le droit de se rendre aux États-Unis, mais des douaniers leur ont indiqué qu’ils n’avaient pas le droit de participer à la marche parce qu'ils sont Canadiens.

On nous a dit que, si nous avions des ennuis, nous ne pourrions jamais retourner aux États-Unis.

Amber Gazdic

D'autres Canadiennes désireuses de participer au rassemblement de Washington ont, elles aussi, été refoulées à la frontière, a indiqué pour sa part une militante québécoise, Katina Binette, qui affirme avoir reçu un appel d'amies qui ont dû rebrousser chemin. Les trois femmes, dans la vingtaine qui étaient dans le même véhicule, n'ont pas d'antécédents judiciaires, a-t-elle précisé.

« On les a refoulées à la frontière (...) prenant leurs empreintes, leurs photos, leur demandant où elles allaient. Elles ont mentionné qu'elles allaient à la Marche des femmes et (les agents) leur ont demandé si elles étaient pour ou contre (le) président. »

Toutes trois sont restées coincées pendant une heure et demie à la douane, a précisé Mme Binette.

Sasha Dyck dit avoir remarqué un contraste avec l’année 2009, lorsqu’il a entrepris le même périple pour l’investiture de Barack Obama. « La dernière fois, le douanier m’a littéralement tapé dans la main quand je suis entré et tout le monde nous souhaitait la bienvenue », raconte-t-il.

Le porte-parole des douanes américaines et de la protection des frontières, Kristoffer Grogan, a affirmé à CBC qu’il ne pouvait pas commenter de cas spécifiques en raison de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

« Tous les voyageurs qui veulent obtenir l’autorisation d’entrer aux États-Unis sont sujets à une inspection. En tant que visiteur, déclarer son motif de voyage est une étape centrale du processus d’enquête », a écrit M. Grogan par courriel.

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