Des centaines de milliers de personnes à travers le monde se sont mobilisées samedi pour participer à la deuxième édition de la Marche pour les sciences, une initiative dont l'objectif est de sensibiliser la population à l'importance de la science et à la recherche scientifique.

Cet appel international de solidarité envers les scientifiques américains a été entendu, puisque des manifestations ont été organisées dans 500 villes à travers le monde, dont 11 villes canadiennes.

L'organisation de la première Marche pour les sciences a eu lieu l'année dernière à la suite de l'élection du président américain Donald Trump, afin de dénoncer notamment l'abolition de plusieurs mesures de lutte contre les changements climatiques et la nomination du climatosceptique Scott Pruitt à la tête de l'Agence américaine de protection de l'environnement.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a réduit de plus de 30 % les fonds alloués à l'Agence de protection de l'environnement et il a aussi réduit le financement en recherche des instituts nationaux de la santé.

Les participants à ces marches espèrent rétablir l’essence même de la science, c’est-à-dire l’étude objective des faits et ainsi s'opposer à des politiques qui relèvent parfois de l’idéologie.

Aux États-Unis

À Washington, quelques centaines de manifestants ont exprimé leur mécontentement face à l'actuelle situation politique et ses conséquences sur l'environnement et la science : le président républicain climatosceptique Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, soutient l'industrie du charbon malgré la pollution et a dérégulé plusieurs normes environnementales.

Le tout sans avoir encore nommé son principal conseiller scientifique.

« Rendre sa grandeur à la science », affichait la pancarte d'un manifestant, clin d'oeil évident au slogan de campagne du milliardaire, « Rendre sa grandeur à l'Amérique » (Make America Great Again).

David Titley, professeur, officier à la retraite et ancien responsable du groupe de recherche de la marine américaine chargé du changement climatique, a rappelé à la foule l'importance de la connaissance scientifique. « La science est ce qui sépare les faits des sophismes, des erreurs et du fanatisme. Si on ignore et dénigre la science, ça sera à notre péril », a-t-il averti.

Au Canada

La communauté scientifique s'est exprimée haut et fort au Canada. Des rassemblements ont notamment eu lieu à Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver.

Cette année, l'événement voulait plutôt « célébrer la science canadienne et faire tomber les barrières entre les scientifiques et le public », a expliqué l'une des organisatrices, Katie Gibbs. « Ça a commencé comme une réponse à Trump, mais c'est devenu plus grand », a-t-elle ajouté.

Changements climatiques, nouvelles technologies, santé : ces enjeux poussent les scientifiques à croire que l'appui du public est plus important que jamais.

La Marche pour les sciences a réuni une centaine de personnes à Montréal.

« On voit de plus en plus les fausses informations qui circulent. La science perd un peu sa réputation. Les gens partagent un peu n'importe quelle information. On voit de plus en plus de gens qui croient que les vaccins ne sont pas bons pour la santé, qui croit même que la Terre est plate », se désole une participante de la marche montréalaise.

Lancer un message aux élus

Des scientifiques sont également descendues dans les rues de la Ville-Reine.

« Le président américain n'a pas une bonne réputation auprès de la communauté scientifique, c'est donc important que tous les pays se mobilisent pour lancer un message », affirme Donald Weawer, scientifique à University Health Network de Toronto.

Un message que des chercheurs adressent aussi aux élus canadiens.

« Au cours des 10 dernières années au Canada, le financement pour la recherche scientifique n'a pas vraiment augmenté, le gouvernement actuel fait des efforts, mais c'est loin d'être suffisant », déplore Avril Mansfied, scientifique à University Health Network de Toronto.

De son côté, le scientifique Bradly Wouters estime que « les investissements que nous faisons dans la science sont des investissements pour le Canada, nous bâtissons notre avenir ».

Avec les informations de Marie-Michelle Lauzon et de Michel Marsolais

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