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Des centres commerciaux ontariens font payer les enfants pour voir le père Noël

Pour s'asseoir sur les genoux du père Noël cette année au centre commercial Sherway Gardens de Toronto, les enfants doivent se procurer un billet au coût de 15 $. D'autres centres commerciaux, comme le New Sudbury Centre, obligent les parents à acheter un forfait de photos, qui coûte de 13 $ à 48 $.

Un texte de Michel Bolduc

La décision des propriétaires du quartier de la Distillerie à Toronto de faire payer 5 $ par personne à ceux qui veulent visiter son marché de Noël le week-end a suscité la controverse récemment. Toutefois, ce genre de frais est aussi de plus en plus répandu dans les centres commerciaux.

À Sherway Gardens, le coût d'un billet pour voir le père Noël est passé de 12 $ en 2013 à 15 $, l'an dernier. La direction fait valoir que la vente en ligne de billets avec une date et une heure prédéterminées évite aux parents les « longues files d'attente » du passé.

Le centre commercial ajoute qu'il a remis à des œuvres de charité 400 000 $ des sommes récoltées depuis la mise en place de la politique.

Au Centre Eaton, où les frais pour voir le père Noël sont de 10 $ cette année, l'ensemble des fonds va à des organismes. Les parents peuvent choisir parmi trois oeuvres de bienfaisance.

Photos payantes

D'autres centres commerciaux forcent les parents à acheter des clichés d'un photographe officiel. Impossible d'utiliser son téléphone intelligent, par exemple.

C'est le cas au New Sudbury Centre, qui explique qu'il se plie ainsi à la politique de son sous-traitant.

À Yorkdale, où le forfait photo le moins cher coûte 22 $, une porte-parole ajoute que les frais imposés servent à couvrir les dépenses encourues pour le père Noël et les installations des fêtes.

Une stratégie « à la Gripsou »

La professeure de marketing Avni Shah de l'école de gestion Rotman de l'Université de Toronto pense que les centres commerciaux se tirent dans le pied en imposant de tels frais.

Selon elle, ils risquent de faire fuir les familles moins nanties durant une période cruciale pour leur chiffre d'affaires.

« Les études montrent que les frais obligatoires ou additionnels ont l'effet pervers de réduire les ventes, ajoute-t-elle, même pour les consommateurs qui auraient acheté quelque chose, comme un forfait de photos, parce qu'ils croient que les prix sont gonflés. »

Ticket modérateur

Pour sa part, le professeur de marketing Jean-Luc Geha de HEC pense que, si la stratégie des centres commerciaux est d'utiliser un « ticket modérateur » pour limiter l'achalandage, beaucoup de parents seront prêts à le payer, pour éviter les queues.

« Le client est prêt à payer s'il obtient une valeur ajoutée, précise-t-il. Donc plus bel agencement, moins d'attente, plus belle photo. »

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