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Des communautés autochtones sans eau potable pendant encore plus de 5 ans

Plusieurs communautés autochtones de l'Ontario n'auront toujours pas accès à l'eau potable dans cinq ans. C'est ce que prédit un rapport produit par la Fondation David Suzuki en partenariat avec Amnistie internationale et le Conseil des Canadiens.

Un texte de Marie-Christine Rioux

L'automne dernier, 156 avis concernant la qualité de l’eau potable touchaient 110 communautés autochtones au pays. De ce nombre, 81 avis étaient en vigueur en Ontario.

Sylvain Perron, porte-parole de la Fondation David Suzuki, explique que, comme l'indique le titre du nouveau rapport de l'organisme, plusieurs communautés autochtones voient encore leur verre à moitié vide.

On est en 2017. Ce n'est pas normal que des gens n'aient pas encore accès à l'eau. Ça doit changer immédiatement.

Sylvain Perron, porte-parole de la Fondation David Suzuki

Loin de la coupe aux lèvres

L’an dernier, le gouvernement fédéral s'est engagé à éradiquer d'ici 2020 les avis à long terme concernant la piètre qualité de l'eau dans les communautés autochtones. Outre le financement déjà accordé aux Premières Nations pour les infrastructures et le traitement des eaux, le gouvernement prévoit investir 1,8 milliard de dollars sur cinq ans pour régler ce problème.

Or, la Fondation David Suzuki a évalué le progrès effectué dans la dernière année pour mettre fin aux avis de longue durée concernant la qualité de l'eau potable dans neuf communautés autochtones ontariennes.

Dans trois communautés, l’objectif gouvernemental devrait être atteint, dans trois autres, l’objectif pourrait être atteint et dans les trois dernières, à moins de grands changements, l’objectif gouvernemental en matière d’accès à l’eau potable ne sera pas atteint.

Les gens sont malades à cause de l’eau. Les enfants développent des éruptions cutanées et d’autres problèmes de peau.

Johnny Yellowhead, chef de la communauté de Nibinamik

La communauté de Nibinamik se retrouve parmi les trois communautés où les installations de traitement des eaux sont les plus désuètes. Selon les conclusions du rapport, l’objectif du gouvernement n’y sera pas atteint.

Si nous avons été en mesure de trouver trois communautés éprouvant de grandes difficultés en matière d’eau potable en observant neuf communautés autochtones ontariennes, on peut penser qu’il y en a plusieurs autres dans la même situation au pays.

Jessica Lukawiecki, auteure du rapport et candidate à la maîtrise en études environnementales à l’Université York à Toronto

Réactions de la ministre

Dans une déclaration, la ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada Carolyn Bennett accueille favorablement le rapport de la Fondation David Suzuki et réaffirme l’engagement de son gouvernement à mettre un terme aux avis à long terme sur de l’eau dans les réserves des Premières nations d’ici cinq ans.

Depuis notre entrée en fonction, nous avons levé 18 avis sur la qualité de l’eau potable à long terme. Nous sommes d’avis que le verre est à moitié plein et nous continuerons à travailler en partenariat avec les collectivités des Premières Nations (...) afin d’assurer que les systèmes d’eau dans les réserves sont sans danger.

Carolyn Bennett, ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada

Les données utilisées pour le rapport proviennent d’entrevues, de réunions, de conférences, de rapports et de communiqués de presse. Ces informations ont été analysées afin de dresser un bilan de la situation et des progrès qui ont été enregistrés.

Jessica Lukawiecki, explique que les neuf communautés étudiées ont été choisies en raison des bons contacts que les chercheurs sont parvenus à établir avec elles.

Sept causes

La Fondation David Suzuki a identifié sept causes expliquant le manque de progrès. Parmi celles-ci figurent l’absence de ressources adéquates pour le traitement et la gestion des eaux, le processus gouvernemental fédéral lourd et complexe ainsi que l’absence d’un cadre réglementaire afin de gérer l’eau potable pour les Autochtones.

Afin de diminuer les effets de ces sept causes, la Fondation y va de 12 recommandations, dont l’amélioration de la collaboration entre le gouvernement et les membres des Premières Nations et la simplification du processus d’obtention d’investissements pour les infrastructures de l’eau en cernant les obstacles et en réduisant la bureaucratie.

Si une ville n'a pas d'eau, c'est la faute de la province. Dans le cas des Premières Nations, le fédéral n'a pas d'obligation de résultat.

Sylvain Perron, porte-parole de la Fondation David Suzuki

Le rapport a été présenté ce matin au Parlement à Ottawa.

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