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Des délais raccourcis pour les donneurs de sang qui ont eu une relation homosexuelle

À compter du 15 août, un homme ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme pourra faire un don de sang au Canada un an après son dernier rapport sexuel, et non après cinq ans, comme c'est le cas à l'heure actuelle.

Santé Canada a annoncé lundi qu'elle autorise la Société canadienne du sang et Héma-Québec à adopter cette approche, comme ils l'avaient demandé, après avoir procédé à un examen rigoureux des plus récentes données scientifiques.

Selon la ministre de la Santé, Jane Philpott, les données scientifiques fournies par les deux fournisseurs de sang du pays prouvent que ce changement ne compromettra aucunement la sécurité de ceux qui reçoivent du sang.

Avant le 22 juillet 2013, tout homme ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme ne pouvait plus donner de sang pour le restant de sa vie.

Une période d'exclusion de cinq ans a ensuite été adoptée et, selon Santé Canada, ce changement n'a pas donné lieu à une augmentation des dons de sang contaminé par le VIH.

« Un tel changement est scientifiquement justifié et ne mettra aucunement en péril le très haut niveau de sécurité des produits sanguins », affirme également le Dr Marc Germain, vice-président aux affaires médicales à Héma-Québec.

Une période d'exclusion d'un an est déjà en vigueur dans plusieurs autres États industrialisés, comme les États-Unis, la France, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Angleterre et l'Écosse.

Un « pas dans la bonne direction », selon la ministre Philpott

« Je reconnais que cette réduction de quatre ans de la période d'exclusion n'est pas un changement radical et que cela ne changera pas la situation pour plusieurs donneurs », a déclaré la ministre Philpott.

La ministre Philpott se réjouit par ailleurs que les deux fournisseurs de sang étudient des mesures qui garantiront que les politiques relatives au don de sang sont fondées sur le comportement, et non sur l'orientation sexuelle.

Santé Canada leur versera d'ailleurs une contribution de 3 millions de dollars pour qu'elles puissent financer des recherches comportementales afin notamment « de garantir des pratiques non discriminatoires » à l'avenir.

Mme Philpott dit aussi avoir « bon espoir » que le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes entreprendra une étude visant à réduire les restrictions aux dons de sang pour les hommes concernés, sans compromettre la sûreté du sang.

Une exclusion d'un an « légitime et nécessaire »

Jusqu'à nouvel ordre, Héma-Québec considère qu'il demeure « légitime et nécessaire » de respecter une période d'exclusion d'un an pour les hommes ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme, puisqu'il s'agit d'un groupe à risque.

Selon la société, la fréquence d'infection au VIH demeure toujours plus élevée chez ces hommes que dans le reste de la société. La prévalence du VIH pour ce groupe, dit Héma-Québec, se situe à plus de 10 %, comparativement à moins de 1 % chez les hétérosexuels ou les lesbiennes.

Selon Héma-Québec, la possibilité de contracter le VIH par une transmission de sang est actuellement de 1 sur 30 millions, et la modification annoncée lundi ne la modifiera pas.

La société précise que la modification du critère n'entrera en vigueur que le 15 août afin de permettre aux fournisseurs de produits sanguins d'adapter les différentes mesures déterminant l'admissibilité au don de sang actuellement en place.

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