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Des demandeuses d’asile dans des refuges pour femmes violentées

Faute d'avoir trouvé un logement, certaines femmes demandeuses d'asile se retrouvent dans des refuges pour femmes violentées.

Un texte de Catherine Kovacs

C’est le cas de Régine, qui a traversé le chemin Roxham l'an dernier avec ses deux enfants de 3 mois et deux ans. D’abord logée au YMCA du centre-ville, elle a dû quitter les lieux dès qu'elle a reçu son premier chèque d'aide sociale, comme le veut le règlement.

Comme elle n'avait pas trouvé d'appartement, elle s'est retrouvée au refuge La Dauphinelle, où elle est restée six mois.

Il y a 11 chambres dans ce refuge pour femmes violentées et en grande difficulté. « Je pourrais toutes les remplir avec des femmes demandeuses d'asile, précise la directrice, Sabrina Lemeltier, mais ce n'est pas mon mandat. »

L'an dernier 30 % de la clientèle de La Dauphinelle était composée de femmes demandeuses d'asile, seules ou avec des enfants, et 18 % avaient été référées par l'organisme PRAIDA (Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile), qui relève du ministère de la Santé et des Services Sociaux.

Le mandat de PRAIDA est de s'occuper du logement à court terme pour les demandeurs d'asile, mais lorsque les femmes se retrouvent en difficulté, l'organisme les accompagne et les réfère à des refuges connus. « Le logement à long terme, c'est la responsabilité du ministère de l'Immigration », précise Francine Dupuis, directrice de PRAIDA, ajoutant qu’on ne peut forcer des propriétaires à prendre des locataires vulnérables. « C'est un marché privé, il n'y a pas d'obligation légale pour un propriétaire de prendre un locataire qui ne lui convient pas », explique-t-elle.

Le refuge la Dauphinelle n'est pas un cas unique. D'autres refuges pour femmes violentées admettent avoir hébergé des femmes demandeuses d'asile.

La directrice de La Dauphinelle croit qu'il faut accompagner ces femmes jusqu'à ce qu'elles trouvent un appartement. Selon elle, il existe un problème de coordination lorsque les demandeuses d'asile quittent le YMCA.« Ce n'est pas suffisant de leur donner un chèque et de leur dire débrouillez-vous », tranche-t-elle.

Régine quant à elle s'est finalement trouvé un logement, non sans difficulté. Elle se cherche maintenant du travail.

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