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Des employés de restaurants de sushi de Winnipeg forcés de payer leur employeur

Des documents obtenus par CBC indiquent que 26 restaurants de sushi de Winnipeg ont eu recours aux services d'un conseiller en immigration n'ayant pas de permis pour embaucher des travailleurs coréens. Certains employés auraient été forcés de donner une partie de leur paye à leurs employeurs.

Hae Suk Yoon, 67 ans, fait face à plusieurs chefs d'accusation en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés et à une accusation criminelle de possession de biens criminellement obtenus. Ces accusations ont été déposées à la suite d'une enquête de l'Agence des services frontaliers du Canada à propos de ce Canadien d'origine coréenne.

Hae Suk Yoon a par ailleurs été accusé d'avoir agi comme conseiller en immigration non autorisé entre 2009 et 2014. L'Agence des services frontaliers indique avoir découvert 106 noms ayant utilisé l'adresse de l'homme lors du processus d'immigration.

De nombreux employés auraient obtenu leur résidence permanente après avoir obtenu un emploi dans un de 13 restaurants de sushi. Les employés d'au moins un de ces restaurants auraient été forcés de verser des centaines de dollars par paye à leur employeur. Les documents obtenus par CBC font aussi mention de 13 autres restaurants ayant des liens avec Hae Suk Yoon.

Une personne nommée « Source B » dans les documents raconte avoir dû payer Hae Suk Yoon à même son chèque de paye pour les coûts de traitement de son dossier. Il dit aussi que d'autres travailleurs et lui ont appris qu'ils devraient donner une partie de leur paye à l'employeur que ce dernier jugeait raisonnable.

Ces allégations n'ont pas été prouvées en cour. Plusieurs des restaurants mentionnés dans les documents juridiques ont changé de propriétaire au cours de l'enquête de l'Agence des services frontaliers. Radio-Canada a donc décidé de ne pas dévoiler leur nom.

Hae Suk Yoon n'a pas encore inscrit un plaidoyer ou nié sa responsabilité et devrait le faire lors d'une audience tenue le 28 novembre prochain.

« J'admets avoir commis la plupart des infractions »

Dans une entrevue avec CBC, Hae Suk Yoon a reconnu n'avoir jamais obtenu son permis de conseiller en immigration. Il indique que ce travail a commencé en voulant tout simplement aider des membres de la communauté avant de devenir un emploi à temps plein. L'homme qui affirme vivre au Canada depuis 1976 dit qu'il est bien placé pour aider les nouveaux arrivants.

Hae Suk Yoon indique qu'il devait demander 1500 $ aux travailleurs pour préparer leurs documents de travail parce qu'il savait que les employeurs ne l'auraient pas payé. En vertu de la loi provinciale, un recruteur ne peut facturer des frais à un travailleur étranger pour lui avoir trouvé un travail. Tous les frais doivent être couverts par l'employeur.

Il dit avoir observé des employeurs prendre de l'argent des travailleurs, mais qu'il trouvait alors un autre emploi pour les nouveaux arrivants. Même s'il reconnaît que certains restaurants exigent une forme de paiement, il affirme que de nombreux autres établissements sont honnêtes.

Un avocat en immigration de Winnipeg consulté par CBC n'a pas été surpris de voir un tel système en place. Ken Zaifman dit que c'est assez commun et que les employés ont souvent peur de se plaindre.

Le salaire moyen d'un cuisinier au Manitoba est de 15 $ l'heure.

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