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Des enfants débarquent encore seuls à l'urgence, dénonce un médecin

Des enfants continuent d'arriver à l'urgence sans être accompagnés d'un parent ou d'un proche, a dénoncé mercredi un médecin, qui estime que cette pratique est discriminatoire envers les enfants autochtones qui vivent dans le Grand Nord du Québec.

Un texte d'Anouk Lebel

Le Dr Samir Shaheen-Hussain, pédiatre urgentiste à l’Hôpital de Montréal pour enfants, fait partie d'un groupe de médecins qui a maintes fois sonné l'alarme à propos de cette pratique.

Il l'a fait une nouvelle fois lors des audiences à Montréal de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Les enfants cris et inuits sont plus à risque d'être transportés seuls par avion-ambulance parce qu'ils habitent dans des communautés éloignées, où certains services médicaux, comme l'imagerie médicale, ne sont pas accessibles, a-t-il souligné.

Sans leurs parents, les enfants cris et inuits arrivent paniqués à l'urgence, a-t-il répété. Souvent, ils ne parlent ni anglais ni français, ce qui complique leurs communications avec le personnel hospitalier.

Il a ajouté que le consentement parental est requis pour certaines interventions médicales. Or, les parents sont parfois difficiles à rejoindre parce qu'ils sont en route vers l'hôpital à bord d'un avion commercial.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est engagé le mois dernier à favoriser l'accompagnement des enfants dans tous les avions-ambulances de la province. Des travaux sont en cours pour mettre cette politique en place dans les « meilleurs délais possible », indique dans un courriel une porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Claude Lacasse.

« Ces travaux doivent impérativement être effectués avant que la nouvelle politique soit en place, dans le but d'assurer la sécurité de tous », peut-on lire dans le courriel.

Des stéréotypes envers les Autochtones

Lors de son témoignage mercredi, le Dr Samir Shaheen-Hussain s'est dit « perturbé » par la réaction du ministre aux demandes répétées de son groupe.

Ce dernier aurait, selon lui, dû admettre que la politique en place devait changer plutôt que de faire référence à de possibles exceptions pour des raisons de sécurité.

Les propos tenus par M. Barrette perpétuent les stéréotypes envers les Autochtones, a-t-il affirmé, dont celui du « drunken Indian », qui est hors de contrôle et ne peut pas rester calme lors d'un transport médical.

Il a ajouté que les millions de dollars nécessaires pour permettre aux parents d'accompagner leurs enfants dans un des avions du gouvernement ne sont pas significatifs par rapport aux coûts sociaux d'une politique qui a déjà perduré trop longtemps.

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