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Des enseignants débordés par l’afflux de réfugiés, selon une experte en éducation

Les enseignants de partout au pays vivent de nombreux défis à la suite de l'afflux d'élèves syriens, selon une professeure à la Faculté d'éducation à l'Université de Winnipeg qui mène actuellement une étude sur l'intégration des enfants de réfugiés dans les écoles canadiennes.

La chercheuse et auteure du livre Supporting Refugee Children : Strategies for Educators (Soutien aux enfants de réfugiés : stratégies pour les éducateurs) soutient qu’une méta-analyse d’études démontre qu’environ 30 % des réfugiés souffrent d’un trouble de stress post-traumatique.

Jan Stewart indique que les enseignants doivent présentement faire face tant aux barrières linguistiques qu’aux traumatismes vécus de part et d’autre par les jeunes de réfugiés syriens.

Étant donné les préjugés au sujet des problèmes de santé mentale, les élèves qui ont vécu un traumatisme peuvent ne pas vouloir parler de ce qu'ils ont vécu, avoue la professeure.

« Ils veulent être courageux et forts et ils se disent : " Il n'y a rien de mal avec moi. Je vais bien. Cela s’est passé dans le passé " », témoigne-t-elle.

Élèves trop âgés

Selon la professeure, beaucoup de jeunes ont également passé les dernières années à gagner de l'argent pour leur famille plutôt que s'asseoir dans les salles de classe. Une fois arrivés au Canada, certains sont confrontés à un changement drastique et affichent un écart en matière d'éducation.

« Certains de ces enfants vont vieillir hors de notre système, déplore-t-elle. Ils vont avoir 21 ans et ils ne seront plus autorisés à fréquenter une école secondaire. »

Bien que certains pourront poursuivre en suivant un programme d'éducation aux adultes, Jan Stewart croit que l'approche idéale serait d’éliminer les limites d'âge dans les écoles, qui varient d'une province à l'autre. « Éliminer le plafond d’âge aiderait cependant certains élèves à terminer leurs études secondaires afin qu'ils puissent envisager de poursuivre leur éducation postsecondaire », revendique-t-elle.

Apprendre rapidement l’anglais

Jan Stewart observe également que les jeunes syriens veulent apprendre l’anglais rapidement.

Certains élèves ont même dit qu’ils veulent changer d'école parce qu'ils veulent fréquenter un établissement scolaire où il y a moins d'élèves qui parlent l'arabe, mentionne Jan Stewart.

« C'est une idée très intéressante, surtout si on pense que cela peut être plus difficile pour eux d'être immergés complètement, mais en fait ils se disent : " Non, nous voulons apprendre l'anglais rapidement. " ».

Malgré les défis, Jan Stewart reste optimiste. Selon elle, les enseignants trouvent pour le moment des façons créatives de surmonter les barrières. La chercheuse veut identifier les meilleures façons pour soutenir cette nouvelle population étudiante.

« Depuis l’an dernier, une partie de mon apprentissage c'est de tenter d’obtenir des informations d'experts de partout dans le monde pour essayer de dire : " Voici ce que nous devons réellement faire pour soutenir ces élèves. " », conclut-elle.

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