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Des entreprises canadiennes veulent leur part du marché mondial des terres rares

Québec et plusieurs autres provinces canadiennes souhaitent devenir des acteurs importants dans l'exploitation des minéraux de terres rares. Il s'agit de 17 minéraux qui sont essentiels aux nouvelles technologies, aux télécommunications et à l'énergie verte. Actuellement, la Chine contrôle 90 % du marché mondial.

Un texte de Elisa Serret

Les terres rares, vous les trouvez partout, dans vos écrans de téléphone intelligent, dans vos écrans de télévision plasma. Elles sont nécessaires dans l'industrie militaire et essentielles à la production d'énergie verte.

Un monopole inquiétant

Si le Canada, comme une trentaine d'autres pays, veut devenir un acteur important dans l'exploitation des terres rares, c'est en partie pour contrer la mainmise de la Chine sur ces minéraux. Cette puissance économique détient en effet 90 % du marché mondial et elle a déjà utilisé son monopole comme stratégie géopolitique.

Selon Georges Beaudoin, professeur de géologie de l'Université Laval, les industriels ne peuvent pas dépendre de ce monopole, car la demande pour les terres rares augmente de 5 % à 10 % par année.

En vendant ses produits à bas prix, la Chine a déjà fait fermer des mines aux États-Unis et en Australie.

Essentiels pour un virage vert

Ces minéraux servent, entre autres, à construire des aimants permanents, utilisés pour la construction des éoliennes. Les 17 minéraux servent aussi à construire des batteries pour les voitures électriques et des turbines. Pour le Canada, qui veut réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre, ces minéraux sont capitaux.

Les défis

L'exploitation de terres rares présente son lot de défis. Elles sont contenues dans différents minéraux selon l'emplacement. Les procédés de traitement doivent être adaptés pour chaque gisement. La technologie nécessaire varie donc d'un site à l'autre.

L'environnement est au coeur des préoccupations. Comme il y a une faible présence d'uranium dans les terres rares, il faut gérer les résidus présents dans les minerais.

Les coûts d'exploitation des terres rares sont élevés et, comme les autres minéraux, leur prix fluctue fortement. Pour que le produit soit plus rentable et moins dépendant des fluctuations boursières, les entreprises doivent investir dans des usines hydrométallurgiques pour procéder au raffinement des minéraux.

Le potentiel du Canada

Les gisements de terres rares sont nombreux au Canada. On en retrouve, entre autres, en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Québec et au Labrador. Le sous-sol contiendrait des terres rares lourdes. Or, ce type de terres est peu abondant sur la planète, et les risques de problèmes d'approvisionnement sont grands.

La course aux terres rares se fait à travers le monde. L'Australie, l'Union européenne, la Malaisie, la Russie et la Thaïlande en produisaient en 2015. Ces minéraux sont peu substituables. Lorsqu'ils le sont, les minéraux de remplacement sont généralement moins performants.

Denys Laplante, du ministère des Ressources naturelles du Québec, souhaite que la province produise des terres rares pour aider les industriels et permettre à la province de prendre un virage vert plus efficacement.

Du potentiel au Québec

Il y a actuellement trois mines qui pourraient s'ouvrir d'ici cinq ans au Québec.

La société canadienne Minéraux rares Quest est une des entreprises qui souhaitent se lancer dans l'aventure. Son projet de mine pourrait aboutir d'ici 2020.

Leur site d'exploitation est à la frontière du Québec et du Labrador, près du lac Brisson, au Québec. Les deux gouvernements devront étudier le projet. Le projet nécessite la construction d'une route de plus de 165 km au Labrador pour acheminer les minéraux vers un port de cette région.

Minéraux rares Quest prévoit construire à Bécancour une usine consacrée à la fabrication de mélange d'éléments de terres rares et au recyclage des terres rares.

L'ensemble des activités de l'entreprise pourrait créer plus de 650 emplois.

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