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Des environnementalistes veulent qu'Ottawa applique la Loi sur les espèces en péril

Des groupes environnementaux et des scientifiques demandent à Ottawa d'appliquer avec rigueur toutes les mesures contenues dans la Loi sur les espèces en péril. 

Un texte de David Savoie

Scientifiques et environnementalistes notent le changement de ton de la part d'Ottawa.

Ils se réjouissent de la décision prise hier par Ottawa de protéger la rainette faux-grillon, une grenouille qui a déjà perdu 90 % de son habitat en Montérégie. Mais ils rappellent qu'il y a encore beaucoup à faire pour protéger les espèces menacées au pays.

Eric Taylor est le président du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, le COSEPAC, qui soumet au gouvernement la liste des espèces pour lesquelles un plan de protection est nécessaire. Il dit être habituellement pessimiste, mais il se dit encouragé par l'approche du nouveau gouvernement face aux espèces menacées. Il note plusieurs changements, notamment l'approbation de rencontres ou encore la nomination de spécialistes recommandés par le comité.

Même son de cloche du côté de Sophie Gallais, de Nature Québec. « Il y a une volonté de reprendre, de recommuniquer, dit-elle, donc j'ai bon espoir qu'à court terme, moyen terme, la collaboration va pouvoir reprendre. »

En dévoilant le décret d'urgence pour préserver l'habitat de la rainette faux-grillon, la ministre fédérale de l'Environnement a réitéré le message d'Ottawa dans le dossier.

Plus tôt cette année, les statuts de protection d'une dizaine d'animaux ont aussi été révisés et publiés, ce qui n'avait pas été fait depuis quelques années.

Encore du travail à faire

Mais il y a beaucoup de rattrapage à faire dans les dossiers, du retard hérité des années Harper.

Rachel Plotkin, de la Fondation David Suzuki, reconnaît qu'il y a eu du changement, mais pour elle, ce qui est important, c'est surtout la protection des habitats là où vivent les espèces menacées, et la transparence au chapitre de l'efficacité de cette protection.

Elle dit qu'il faut cesser de tenter d'atténuer les impacts sur les espèces et mettre en place des mesures plus restrictives afin de protéger certains animaux.

D'autres, comme Eric Taylor, disent que dans un monde idéal, il y aurait une meilleure protection des habitats, mais que déjà, les efforts actuels du gouvernement semblent aller dans la bonne direction.

Chose certaine, personne ne veut rouvrir la Loi sur les espèces en péril. L'application de la loi dans sa forme actuelle serait bien suffisante selon les intervenants.

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