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Des facteurs humains responsables de la mort des baleines noires dans le golfe

Les nécropsies de six des baleines trouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent au cours de l'été indiquent qu'elles ont succombé soit à des traumatismes causés par des collisions avec des navires, soit à l'empêtrement dans des filets de pêche.

Un texte de Louis Mills

Des nécropsies ont été pratiquées sur 7 des 12 baleines trouvées mortes dans le golfe depuis juin. De ce nombre, une présentait des signes évidents d'empêtrement dans des équipements de pêche et quatre ont succombé à un traumatisme causé par un choc violent, probablement à la suite de collisions avec des navires.

La cause de la mort n'a pu être déterminée pour une de ces baleines et les résultats ne sont pas encore disponibles pour la septième, mais on soupçonne fortement qu'elle a été victime elle aussi d'un empêtrement dans des filets de pêche.

Les résultats ont été présentés à Charlottetown par les divers groupes qui ont participé aux nécropsies, parmi lesquels le Collège vétérinaire de l'Atlantique, la Marine Animal Response Society (MARS) d'Halifax et une vétérinaire du Zoo de Granby et de l'Université de Montréal.

Tonya Wimmer, la porte-parole de la MARS, a fait remarquer que la pêche était intensive dans le golfe du Saint-Laurent au cours de l'été qui vient de s'écouler, et les baleines noires s'y trouvaient en grand nombre. En fait, on en a compté 114, soit le quart de la population mondiale de l'espèce, estimée à 458 individus.

« L'urgence est évidente », a déclaré Pierre-Yves Daoust, professeur au Collège vétérinaire de l'Atlantique et l'un des pathologistes qui ont mené les nécropsies. « C'est une espèce en très grand danger d'extinction! »

Depuis le début de l'année 2017, 15 baleines noires ont été retrouvées mortes, dont 12 dans le golfe du Saint-Laurent et les autres au large de la Nouvelle-Angleterre. Pêches et Océans avait précédemment affirmé que 11 baleines étaient mortes dans le golfe du Saint-Laurent, mais des tests génétiques menés sur une baleine échouée à Terre-Neuve ont permis d'établir qu'elle n'était pas la même qu'une des carcasses repérées plus tôt dans le golfe, comme on l'avait cru.

D'autres mesures de protection à venir

Le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Dominic LeBlanc, avait annoncé des mesures de protection des baleines noires dans le golfe après que soient survenus les premiers cas de mortalité.

Une limite de vitesse temporaire a notamment été imposée aux navires de plus de 20 mètres de long afin de prévenir les collisions avec les baleines.

« À la suite du décès de 12 baleines noires de l'Atlantique Nord cet été, nous avons pour responsabilité de poursuivre les mesures afin d'assurer à ces mammifères marins une protection pour les générations à venir, de même que la sécurité du personnel naviguant dans la zone », peut-on lire dans un communiqué de presse conjoint entre Dominic LeBlanc et le ministre des Transports Marc Garneau.

Le ministre LeBlanc avait déclaré, le mois dernier, qu'il fallait s’attendre à ce que d’autres mesures de protection soient mises en place.

Jeudi, le ministère a précisé qu'il planifiait, avec ses partenaires, « des changements pour l'été prochain afin de protéger ces animaux de tout autre danger ».

Le rapport des nécropsies, titré Rapport d’incident : Évènement de mortalité de baleines noires de l’Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent, 2017, a été préparé par Pêches et Océans Canada, la Marine Animal Response Society, établie à Halifax, ainsi que par Sécurité et sûreté maritimes de Transports Canada.

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