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Des finances précaires au Parti québécois

Près d'un an après l'adoption d'un plan triennal pour redresser la barre, les finances du Parti québécois demeurent dans un état précaire, même si la situation se stabilise peu à peu.

Le parti confirme avoir dû prendre des « ententes de paiement » avec certains de ses fournisseurs de façon à faire face à ses obligations, mais nie que ses problèmes financiers aient quoi que ce soit à voir avec sa décision de contester la demande de remboursement que lui a présenté le Directeur général des élections (DGEQ).

Les difficultés s'accumulent pour le Parti québécois depuis les dernières élections générales. En raison du mauvais résultat qu'il a obtenu lors du dernier scrutin, le parti s'est vu octroyer une subvention réduite de la part du DGEQ. À cet écueil s’en sont ajoutés de nouveaux : le parti a fait face à deux courses à la direction en deux ans, au plus grand nombre d'élections partielles déclenchées à l'intérieur d'un même mandat en 30 ans et à une réclamation substantielle du DGEQ pour des contributions illégales.

Le PQ doit aussi tenir un congrès national des membres l'automne prochain, une opération coûteuse.

« C'est toujours un défi de s'assurer d'avoir les marges de manœuvre nécessaires pour tous les projets qu'on peut avoir », admet le porte-parole du parti, Yanick Grégoire, qui ne nie pas que le parti ait eu recours à une marge de crédit pour faire face à un problème de liquidités.

Plombé par une dette de plus de 2 millions de dollars, le Parti québécois a entrepris en janvier une opération de redressement financier, avant le départ de Pierre Karl Péladeau. La tenue d'une nouvelle course à la direction, au coût de 400 000 $, a contrecarré les plans, mais la campagne annuelle de financement du parti a dépassé son objectif, ce qui permettra au PQ d'échapper à un déficit pour l'année en cours.

Malgré qu'il y a eu, bien sûr, une course à la chefferie que personne n'attendait en janvier, on a quand même réussi à garder le cap sur une gestion responsable des finances du parti. On devrait terminer [l'année] avec un surplus, ce qui devrait être très bon signe pour le remboursement des dettes.

Yanick Grégoire, porte-parole du Parti québécois

Le parti s'était donné pour objectif de recueillir près d'un million de dollars; il en a recueilli jusqu'à présent près de 1,2 million. Des fournisseurs du parti, joints par Radio-Canada, confirment d'ailleurs que le PQ s'est bel et bien acquitté de ses obligations financières envers eux.

« On est sur la bonne voie », assure le porte-parole du PQ, qui précise par ailleurs que les associations locales du parti sont les principaux créanciers de la formation politique. « Comme c'est ultimement de l'argent qu'on se doit à nous-mêmes, [...] cette dette-là n'est pas catastrophique », explique Yanick Grégoire.

Rien à voir avec le DGEQ

La fin de semaine dernière, le Parti québécois a remboursé 90 000 $ des 264 150 $ réclamés par le Directeur général des élections pour des contributions politiques non conformes reçues au cours des dernières années. Dans un communiqué, le parti demande au DGEQ « de faire la démonstration claire de la non-conformité de ces contributions ».

Le porte-parole du parti soutient que la situation financière de la formation politique n'a rien à voir avec sa décision de ne pas rembourser la totalité de la somme réclamée, même si le parti aurait dû s'endetter davantage pour procéder au remboursement immédiat.

Nous, ce que l'on veut, c'est vraiment pouvoir débattre du fond de la question. [...] On fera les remboursements lorsque les preuves seront suffisantes et clairement établies.

Yanick Grégoire, porte-parole du Parti québécois

Le prix de la carte de membre pourrait augmenter

Dans l'espoir de se refaire une santé financière, le Parti québécois songe à faire passer le coût annuel de sa carte de membre de 5 à 10 $. Selon nos informations, des membres de l'exécutif national du parti ont abordé la question lors de leur rencontre, le week-end dernier, et comptent la soumettre aux membres lors du congrès national prévu l'automne prochain.

Fixé à 5 $ au début des années 1980, le coût de la carte de membre n'a pas bougé depuis une trentaine d'années. D'aucuns estiment qu'il est temps de revoir à la hausse le prix de l'adhésion annuelle, afin de renflouer les coffres du parti.

En 2015, selon les informations disponibles sur le site du Directeur général des élections, le Parti québécois a touché 273 265 $ en adhésions. Augmenter le coût de la carte de membre de 5 à 10 $ permettrait d'augmenter les revenus du parti, sans pour autant faire diminuer le nombre de ses membres.

Une hausse plus brutale à 20 $, également évoquée en réunion, pourrait cependant dissuader certains membres de renouveler leur carte, expliquent des sources qui rejettent ce scénario.

En vertu de la loi électorale, les frais d'adhésion à un parti ne peuvent dépasser 25 $ annuellement. Ces frais ne sont pas considérés comme une contribution politique et ne sont donc pas comptabilisés dans le calcul de la contribution annuelle d'un électeur, qui ne peut dépasser 100 $ depuis la dernière réforme de la loi.

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