Retour

Des Ghanéens arrivés illégalement au Canada ont failli mourir de froid

Deux Ghanéens se rétablissent dans un hôpital à Winnipeg après s'être perdus à proximité du passage frontalier d'Emerson, en essayant de passer illégalement la frontière.

Les hommes, âgés de 24 et 34 ans, ont été retrouvés sur la route 75, au nord du village de Letellier, le matin du 24 décembre. Radio-Canada leur a conféré l'anonymat pour protéger leur vie privée.

Après plus de sept heures de marche dans le grand froid, un bon samaritain en camionnette s’est arrêté pour leur venir en aide et a appelé les services d'urgences. Une ambulance a amené les deux hommes dans un hôpital de Morris, une petite ville à proximité, avant de les transporter d’urgence au Centre des sciences de la santé, à Winnipeg.

Il n’est pas clair comment le duo a réussi à franchir la frontière américaine sans être arrêté, mais lorsque le bon samaritain les a retrouvés, les deux hommes étaient désorientés et demandaient où se trouvait le bureau d’immigration.

« Une vision d’horreur »

Le Ghanéen de 24 ans a parlé à CBC au téléphone, jeudi, et a fait valoir à quel point il est heureux d’être au Canada.

« Ils ont failli mourir gelés », explique Ghezae Hagos, un conseiller en revendication du statut de réfugié à Welcome Place, une agence d’intégration à Winnipeg. « C’était une vision d’horreur », raconte M. Hagos, par rapport à son rendez-vous à l’hôpital avec les deux réfugiés. Il ajoute que le plus jeune des deux perdra probablement ses doigts et que ses pansements étaient toujours gorgés de sang mercredi.

Ils ne savaient pas quelles étaient les conditions météorologiques au Canada.

Ghezae Hagos, conseiller en revendication du statut de réfugié

Selon Environnement Canada, il faisait -18 degrés Celsius à Emerson le matin du 24 décembre, et ce, sans le refroidissement éolien. Le météorologue de CBC John Sauder affirme qu’à cette température, la peau exposée peut geler en moins de 30 minutes.

Naviguer dans la neige

Malgré leur rude épreuve, les deux hommes se montrent toutefois de bonne humeur, rapporte Henry Kuzia, un ami du bon samaritain qui rend visite aux Ghanéens depuis mardi. « Le moral s’est beaucoup amélioré depuis mes premières visites », avoue-t-il.

M. Kuzia confie que le réfugié de 24 ans lui a raconté qu'ils ont quitté Minneapolis, dans l’État du Minnesota, pour le Canada lorsque leurs visas ont expiré. Les hommes ont pris un autobus de Minneapolis jusqu’à Grand Forks, dans le Dakota du Nord, où ils ont engagé les services d’un chauffeur de taxi pour les amener à un endroit près du passage frontalier d’Emerson.

Descendus du taxi, les réfugiés ont traversé des champs couverts de neige très profonde avant de se trouver du côté canadien de la route 75, rapporte M. Kuzia. Ils ont ensuite supplié pendant plusieurs heures l’aide des automobilistes du bord de la route, quand le bon samaritain, qui a préféré rester anonyme, s’est arrêté.

Une tendance croissante

La directrice générale du Conseil multiconfessionnel d’aide à l’établissement des immigrants au Manitoba (CMAEIM), Rita Chahal, rapporte que l’organisme note une augmentation régulière du nombre de réfugiés qui se présentent à la frontière manitobaine à la recherche d’aide ou d’asile.

« Rien qu’en novembre, on en a eu 31 », souligne Mme Chahal, en ajoutant que moins de 20 requérants se sont présentés à la frontière en octobre.

La directrice du CMAEIM explique que ces réfugiés proviennent en grande partie d’un réseau de réfugiés somaliens et ghanéens à Minneapolis qui cherchent à fuir les États-Unis.

Mme Chahal dit que le Canada a le devoir de protéger les réfugiés qui se présentent à un poste-frontière ou qui parviennent à rentrer au pays. En vertu des lois canadiennes, une fois arrivés en sol canadien, les réfugiés se voient accorder le droit de faire une demande officielle de protection.

Une chance de plaider sa cause

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) soulève que le destin des deux réfugiés ghanéens repose entre les mains de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.

Une porte-parole de l’ASFC, Jacqueline Callin, explique que la Gendarmerie royale du Canada intercepte ceux qui entrent illégalement au pays. Ceux qui cherchent refuge sont transportés au passage frontalier d'Emerson pour une évaluation.

Mme Callin déclare que s’il n’y a aucune préoccupation en matière d'admissibilité et que la personne a des motifs valables de demander le statut de réfugié, cette dernière est remise en liberté en attendant son audience de demande de statut de réfugié.

Avec des informations d'Austin Grabish et Cameron McIntosh (CBC)

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine