Des membres des Hells Angels participent depuis vendredi au Thunder Bike Show 2017, un événement rassemblant des milliers de motocyclistes sur le Sanair Super Speedway, un circuit automobile de Saint-Pie-de-Bagot, près de Saint-Hyacinthe. Des motards qui font partie de leurs clubs-écoles et des sympathisants du groupe criminel sont également présents.

Un texte de Marie-Claude Frenette

Il y a quelques semaines, la présence des Hells à l’Expo agricole de Saint-Hyacinthe avait créé des remous. Ils y tenaient un kiosque pour vendre de la marchandise à leur effigie.

Selon Sylvain Tremblay, enquêteur et officier à la retraite de la Sûreté du Québec, le Thunder Bike Show 2017, qui se déroule plus précisément du vendredi au samedi, s'apparente au Bike & Tatoo Show de Laval, qui a lieu en avril.

La présence de Hells Angels dans de tels événements n’est pas nouvelle, rappelle André Cédilot, spécialiste du crime organisé et de la mafia.

« La marque de commerce des Hells, c’est la visibilité, souligne-t-il. La mafia porte le veston et la cravate et les Hells portent leur dossard, parce que c’est une forme d’intimidation et une forme de pouvoir. Ils organisent des événements comme ça régulièrement, autant pour intimider le milieu criminel que pour impressionner la population. »

Depuis l'annulation du mégaprocès qui devait suivre l'opération SharQc et la libération de nombreux motards, les Hells chercheraient à se faire voir et à confirmer la solidité de leur groupe.

« Ils veulent montrer qu’ils existent encore, [même] après tous les déboires judiciaires qu’ils ont eus. En même temps, c’est une forme de pied de nez au système judiciaire. Ils sont fiers des victoires qu’ils ont eues devant les tribunaux dernièrement », analyse André Cédilot.

En tout, près de 40 motards sur 156 accusés en 2009 ont été libérés de toute accusation dans les années qui ont suivi l'opération SharQc.

Le « vent dans les voiles »

Le regain de visibilité des Hells Angels dans les lieux publics n'est pas étranger au fait que les motards criminels seraient en plein contrôle du territoire – non seulement au Québec, mais partout au Canada, explique Sylvain Tremblay.

André Cédilot abonde dans le même sens. « Il s’agit de la principale organisation criminelle au Canada et au Québec en raison de la déstabilisation de la mafia. Ils ont le vent dans les voiles en ce moment, c’est pour cela qu’ils font ces rassemblements-là », juge-t-il.

L'ancien journaliste de La Presse explique que les motards profitent de ce genre d'événement pour solidifier les liens entre les différents clubs, réaffirmer la hiérarchie et établir des contacts d’affaires.

Sylvain Tremblay croit néanmoins que ce type de rassemblement est sécuritaire pour les résidents. Les clubs-écoles des Hells Angels devraient normalement être responsables de la sécurité des lieux.

« On n’a pas de violence à prévoir dans le futur, assure M. Tremblay. Ils veulent montrer leur côté hommes d’affaires, même si c’est illégal. »

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