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Des juges interdisent à un enfant de s'habiller en fille en public

Une mère veut porter plainte contre deux juges en Alberta après que ceux-ci eurent interdit à son fils de cinq ans de s'habiller en petite fille en public. Elle les accuse de n'avoir pas respecté les droits de la personne et souligne la nécessité d'avoir plus d'éducation dans les tribunaux.

Susan Smith garde un souvenir amer de ce jour de décembre 2015 quand elle est sortie de la salle d'audience de Medicine Hat après avoir entendu le juge interdire à son fils alors âgé de quatre ans (cinq ans aujourd'hui) de porter des vêtements de fille, genre auquel l'enfant s'identifie.

Susan Smith dit n'avoir pas tout de suite réalisé que son enfant était sérieux, jusqu'au jour où il lui a demandé à quel âge son pénis [à Susan Smith] était tombé. « Je lui ai expliqué ce qu'étaient les anatomies féminines et masculines, et qu'on les gardait toute la vie », explique Susan.

Quelques jours plus tard, son fils la réveille en pleine nuit pour lui dire qu'il va couper ses parties génitales.

Elle demande alors de l'aide à un professionnel, commence des recherches sur la dysphorie du genre et décide de reconnaître l'identité de son enfant. Depuis, les explosions de colère ont cessé et l'enfant a plus confiance en lui, selon Susan Smith.

Le père, dont Susan Smith est séparée, n'accepte toutefois pas ce changement de genre et demande la garde principale de leur enfant. 

Lorsqu'ils rencontrent le juge D. G. Redman en décembre, ce dernier accorde la garde à la mère, mais interdit à leur enfant de porter des vêtements féminins en dehors du cercle privé.

Susan Smith porte l'affaire devant un autre juge, F. C. Fisher, en février, qui réitère cette restriction et accorde, cette fois, la garde principale au père.

Ce n'est qu'en septembre, après avoir consulté un spécialiste de la parentalité, qu'un troisième juge, G. K. Krinke, fait savoir aux parents qu'ils doivent fournir les deux possibilités, des vêtements de fille et des vêtements de garçon, à leur enfant.

Angela Reid, qui travaille avec l'association Trans Equality Society de l'Alberta, estime que la cour n'a pas à dicter la façon dont s'habille un enfant. Ces précédentes décisions vont à l'encontre des droits de la personne au Canada et en Alberta, selon elle.

Il s'agirait, ajoute-t-elle, du troisième cas dont elle entend parler. Dans les autres situations, c'étaient les parents qui n'étaient pas autorisés à s'habiller selon leur genre quand leurs enfants leur rendaient visite.

Susan Smith dit que, même si elle ignore si son enfant est simplement curieux ou réellement transgenre, ce qui importe avant tout est que les tribunaux respectent le droit à l'expression sexuelle d'une personne.

Elle ajoute qu'elle continuera à se battre pour retrouver la garde de son enfant.

L'avocat du père a refusé de commenter l'affaire, selon CBC.

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