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Des leaders autochtones demandent réparation pour la rafle des années 60

Des leaders autochtones demandent au premier ministre Justin Trudeau de redresser les effets de la « rafle des années 60 », connu en anglais sous le nom de « Sixties Scoop », une politique gouvernementale selon laquelle des milliers d'enfants autochtones ont été arrachés à leur famille pour être adoptés par des familles blanches au Canada, aux États-Unis et en Europe.

La chef de l'Assemblée des Premières Nations de l'Ontario, Isadore Day, et quatre autres leaders autochtones demandent dans une lettre ouverte au premier ministre du Canada : « Sans plus tarder, engagez votre gouvernement à résoudre - avec des paroles et des actes - cette question et soutenez notre appel à reconnaître et à redresser un immense tort. »

La lettre est arrivée au même moment où le gouvernement fédéral a prononcé officiellement des excuses à l'endroit d'une communauté des Premières Nations du nord du Manitoba, les Dénés sayisi, qui a été déplacée de force il y a 60 ans.

« Ce moment est une occasion pour le Canada de mettre derrière nous un héritage déplorable, et que le gouvernement prenne des mesures pour réformer son comportement de sorte que l'injustice ne continue pas et de construire un avenir meilleur pour tous. C'est une chance d'ouvrir la porte pour que les générations futures puissent grandir en bonne santé et fières de qui elles sont », indique la lettre au premier ministre Trudeau.

La lettre a été livrée une semaine avant l'audience prévue le 23 août à Toronto pour les survivants qui ont déposé un recours collectif il y a sept ans au nom d'environ 16 000 enfants enlevés à leurs parents.

La lettre adressée au premier ministre Trudeau a été écrite conjointement par :

  • Phil Fontaine, ancien chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada
  • Cindy Blackstock, directrice générale des Services d'aide à l'enfance et à la famille des Premières Nations
  • Colleen Hele-Cardinal et Duane Morrisseau-Beck, des organisateurs du National Indigenous Survivors of Child Welfare Network
  • Jesse Wente, critique de la culture populaire à CBC Radio

Le bureau du premier ministre Trudeau a refusé de commenter la lettre et a renvoyé les questions de CBC au ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada. Le bureau de la ministre Carolyn Bennett n'était pas disponible pour une réaction immédiate.

La Saskatchewan retarde ses excuses

Le rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR), publié au mois de décembre dernier, indique que « le fait d'avoir vécu les pensionnats et la rafle des années 60 a nui aux compétences parentales et au succès de nombreuses familles autochtones ».

Les enfants adoptés ont été privés de tout contact avec leur culture, leur famille naturelle et leur identité antérieure. Nombre d'entre eux ont été victimes de sévices physiques et sexuels, et certains auraient souffert des dépendances à l'alcool ou aux drogues ou encore des troubles psychologiques par la suite.

« En 1977, les enfants autochtones représentaient 44 % des enfants pris en charge en Alberta, 51 % des enfants pris en charge en Saskatchewan, et 60 % des enfants pris en charge au Manitoba », indique le rapport de la CVR.

Selon une étude de Statistique Canada en 2011, 14 225 ou 3,6 % des enfants âgés de 14 ans et moins des Premières Nations étaient en famille d'accueil, comparativement à 0,3 % des enfants non autochtones.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a indiqué l'été dernier que son gouvernement présenterait des excuses pour son rôle dans la rafle des années 60, mais des conflits d'horaires ont retardé cette promesse.

Kathy Young, une porte-parole du premier ministre Wall, affirme à CBC que le gouvernement de la Saskatchewan a toujours l'intention d'offrir ses excuses aux milliers d'Autochtones.

Lorsque le gouvernement du Manitoba a présenté des excuses officielles en juin 2015, il s'agissait de la première fois qu'une province canadienne dénonçait la rafle des années 60. 

Selon les informations recueillies par Susana Mas, CBC.

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