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Des libraires indépendants dénoncent la concentration des achats publics

Alors que les librairies vivent un difficile chapitre marqué par les faillites et les fermetures, des libraires indépendants de Montréal appellent à une répartition plus équitable des commandes de livres faites par les institutions publiques.

Pour Philippe Sarasin, propriétaire de la Librairie de Verdun, les achats publics sont concentrés dans quelques librairies de l’île, au détriment des autres boutiques qui tentent tant bien que mal de survivre. « S’ils disaient : "tu n’as pas les livres qu’on veut". Alors je comprendrais qu’ils veuillent aller ailleurs, reconnaît-il. […] Mais ce n’est pas le cas! »

En vertu de la loi québécoise, le prix des livres est le même dans toutes les librairies lorsque le client est une institution publique, tels les arrondissements, la Ville centre ou encore les commissions scolaires.

« On a entendu dire entre les branches qu’il y avait des commandes données à certains de nos collègues libraires », rapporte Richard Asselin, propriétaire de la Librairie Asselin, dans Montréal-Nord. Dans son cas, les achats proviennent surtout de son arrondissement, mais jamais de la Ville de Montréal, déplore-t-il.

Les institutions publiques sont tenues par la loi d’acheter leurs livres dans au moins trois librairies différentes d’une même région administrative, mais la différence de budget d’une institution à l’autre peut considérablement changer la donne.

« Il y en a qui ont un million de dollars, d’autres qui ont 5000 $ », explique la directrice générale de l’Association des libraires du Québec, Katherine Fafard. Une commande de 50 000 $ faite auprès d’une petite librairie peut complètement changer son année financière, souligne-t-elle.

« Notre budget annuel n’est pas séparé de façon identique pour chacun des fournisseurs, admet de son côté Ivan Filion, directeur des bibliothèques de la Ville de Montréal. C’est une réflexion qu’on a actuellement. Tout changement a un impact qui peut être positif pour certains, mais négatif pour d’autres. Donc, c’est de réussir à trouver un équilibre. »

L’an dernier, les bibliothèques de Montréal ont investi 5,5 millions de dollars pour l’achat de livres.

Avec les informations de Dominic Brassard

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