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Des lieux historiques nationaux de Parcs Canada boudés par le public

Achalandage en déclin, offres de services abandonnées; certains lieux historiques de Parcs Canada sont devenus pratiquement déserts depuis les compressions budgétaires imposées sous l'ère Harper. Voici un portrait de la situation.

Un texte de Mathieu Simard

Des lieux déterminants dans l'histoire canadienne n'ont jamais retrouvé leurs visiteurs depuis que leurs heures d'ouverture ont été réduites et que les saisons ont été écourtées. Certains commencent seulement à se relever après des années de vaches maigres.

Vingt-deux sites historiques nationaux sous la responsabilité de Parcs Canada ont enregistré une baisse de fréquentation de 5 % entre les saisons 2012-2013 et 2015-2016.

Parmi ceux-ci, 14 ont enregistré une diminution du nombre de visiteurs de 20 % ou plus.

Comment expliquer cette désaffection?

En avril 2012, Parcs Canada a entrepris de réduire ses dépenses dans la plupart des lieux historiques, en réponse au plan d’action pour la réduction du déficit.

La programmation a subi des changements dramatiques par endroit et les heures d’ouverture n’ont pu être épargnées.

« Bien que de façon générale le nombre de visites ait été stable, l'impact initial des ajustements d'exploitation a été évident dans certains parcs nationaux et lieux historiques », peut-on lire dans une note interne préparée pour la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, en date du 25 mai 2017.

Le lieu historique national Woodside, la maison d’enfance du 10e premier ministre du Canada, Mackenzie King, illustre bien la situation.

Là-bas, les heures d’ouverture ont été réduites et la saison, écourtée.

Cette année, la maison historique située à Kitchener sera ouverte d’octobre à décembre, du jeudi au dimanche. Les visites guidées, menées par des employés de Parcs Canada, sont de retour cette année, mais seulement les fins de semaine. Le reste du temps, les visiteurs sont livrés à eux-mêmes pour découvrir l’endroit.

En Ontario, les lieux historiques nationaux de Woodside, de la Maison-Laurier, de Fort Malden, de Fort-St. Joseph, de Fort Wellington et de la Bataille-du-Moulin-à-Vent ont tous enregistré une baisse du nombre de visiteurs.

Parcs Canada dit ajuster les horaires d'ouverture de ses lieux historiques et parcs nationaux pour s’adapter « aux schémas de fréquentation contemporains et aux besoins des visiteurs ».

Un récent rebond

Parcs Canada observe maintenant un « rebond » des visites dans certains lieux attribué à :

  • une offre de services bonifiée,
  • l’organisation d’événements spéciaux,
  • à un effort de promotion.

L’agence fédérale est en quelque sorte en mode reconstruction après des années de vaches maigres.

La note interne de Parcs Canada est toutefois claire : « Les lieux historiques nationaux autoguidés ont connu un certain rebond des visites, mais n'ont pas encore atteint leur niveau de fréquentation d'avant 2012 ».

Les célébrations du 150e anniversaire de la Confédération ont été accompagnées d’importantes campagnes promotionnelles et de l'entrée gratuite offerte aux Canadiens.

Elles ont aussi permis de relancer l'achalandage chez Parcs Canada.

Le nombre de visiteurs semblait se trouver sur une pente ascendante pour l’ensemble des lieux historiques au pays en 2017, avec une augmentation de 24 % de la fréquentation globale. Reste à savoir si cette augmentation soudaine se maintiendra maintenant que l'entrée est de nouveau payante pour les adultes.

Parcs Canada a aussi profité de l'année 2017 pour lancer une campagne de promotions des « joyaux cachés et de lieux plus méconnus ».

Qu’en est-il des parcs nationaux?

Les six parcs nationaux situés sur le territoire ontarien sont en meilleure posture que les lieux historiques.

De manière générale, leur fréquentation est en forte progression ou est demeurée stable depuis la saison 2012-2013. Seul l’achalandage du parc national des îles-de-la-Baie-Georgienne était en baisse entre les saisons 2010-2011 et 2015-2016 (-10 %).

À l’inverse, le parc national de la Péninsule-Bruce a enregistré une augmentation du nombre de visiteurs de 43 % sur la même période.

Avec la collaboration de Vincent Wallon

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