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Des manifestants anti-G20 affrontent la police à Hambourg

Des affrontements sont survenus jeudi soir entre des centaines de manifestants anti-G20 et la police à Hambourg, en Allemagne, où les dirigeants des 20 pays les plus riches de la planète sont attendus. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la foule après avoir reçu des bouteilles et des pierres lancées par certains manifestants.

Les policiers ont chargé le cortège et les témoins font état de plusieurs blessés. Les images de la télévision allemande montrent également plusieurs interpellations.

La police rapporte 76 blessés parmi ses effectifs, la plupart légèrement. On ne connaît pas le bilan des blessés parmi les protagonistes.

Quelques heures plus tôt, environ 8000 personnes ont marché dans la ville, selon la police, qui a estimé à plusieurs centaines le nombre d'anarchistes parmi les manifestants. Ils étaient vêtus de noir, cagoulés et visiblement prêts à en découdre avec les forces de l’ordre.

La menace terroriste, après la vague d’attentats islamistes qui a frappé l’Europe depuis 2015, et les manifestations d'opposants sont particulièrement redoutées par les autorités, qui prennent des mesures de sécurité importantes afin de maintenir l'ordre public.

Quelque 20 000 policiers, venus de toute l’Allemagne et d’Autriche, sont déployés dans les rues de cette ville portuaire de 1,7 million d’habitants. Ces policiers seront appuyés par 28 hélicoptères, 185 chiens et 3000 véhicules.

Angela Merkel, Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping et Emmanuel Macron sont parmi les dirigeants attendus à cette réunion.

Gare aux « Black blocs »

Les autorités allemandes attendent jusqu’à 100 000 manifestants au cours des prochains jours - dont 7000 à 8000 extrémistes de gauche prêts à en découdre avec les forces de l’ordre – et plus de 30 manifestations.

Les autorités craignent la présence de milliers de militants des « Black blocs », des groupuscules de militants anarchistes ou autonomes. « La scène militante autonome » s'est donné pour objectif « d'organiser le plus grand Black bloc de tous les temps », a prévenu le ministre de l'Intérieur de la Ville-État de Hambourg, Andy Grote.

Cagoulés et masqués, ces militants se glissent au sein des manifestations pour provoquer des affrontements avec les forces policières. Les inquiétudes sont d’autant plus vives que Hambourg est un bastion de la contestation violente, en Europe.

Des opposants promettent depuis des semaines de perturber la tenue du sommet. Ils étaient d’ailleurs plusieurs milliers (entre 8000 et 18 000 selon les estimations) à manifester pacifiquement dimanche pour réclamer une « répartition plus juste des richesses ».

Des échauffourées ont toutefois éclaté entre manifestants et policiers. Les premiers souhaitaient passer la nuit sous la tente dans des parcs de la ville en dépit de l’interdiction faite par la Ville.

La démocratie menacée?

Les militants estiment que « la démocratie est en danger à Hambourg » en raison du déploiement policier.

Amnistie internationale s’indigne notamment de voir Hambourg se transformer en « forteresse » avec l’interdiction de manifester dans une zone de 38 kilomètres carrés, soit pratiquement tout le centre-ville.

Alors que certains critiquent le choix d’une grande ville comme Hambourg pour la tenue de ce sommet – les autorités favorisent souvent des endroits plus éloignés pour éviter les grandes manifestations – les autorités allemandes souhaitent envoyer un message de transparence aux populations qui se méfient des classes dirigeantes.

Les forces de l’ordre ont mis en place deux périmètres de sécurité, l’un autour du centre des congrès où se dérouleront les travaux des dirigeants et l’autre autour de la nouvelle Elbphilharmonie, où les dirigeants doivent assister à un concert vendredi.

Des blocs de béton et des clôtures métalliques isolent les deux endroits et certains commerçants ont commencé à barricader leurs façades pour se prémunir contre le vandalisme.

Excédés par tout ce raffut, des Hambourgeois ont décidé de déserter la ville pendant la tenue du Sommet du G20.

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