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Des manifestants pour les réfugiés syriens pris à partie à Saskatoon

Une manifestation organisée pour demander au gouvernement canadien d'accueillir un plus grand nombre de migrants syriens a été perturbée à Saskatoon. Des passants s'en sont pris aux manifestants en leur criant « de retourner dans leur pays ».

La manifestation qui avait lieu à la place Civic Square, située près de l'hôtel de ville, a été perturbée à quelques reprises.

La Dre Mahli Brindamour est une des organisatrices de l'événement. « Il y a plus de huit millions de Syriens qui sont déplacés en ce moment, et le Canada a accepté 2300 réfugiés ces deux dernières années. On demande au gouvernement canadien d'accepter plus de 10 000 réfugiés syriens immédiatement », explique-t-elle.

Pour sa part, Abdoul Salam Dakouri, un Syrien d'origine, veut faire venir des membres de sa famille. Il souhaite que le Canada accélère le processus d'accueil des réfugiés. « Deux ou trois ans, c'est simplement trop long », dit-il.

Certains ne sont pas du même avis que les manifestants. Alors que ceux-ci se dirigeaient vers les bureaux de Citoyenneté et Immigration Canada pour poursuivre le rassemblement, ils ont été apostrophés par des passants qui leur criaient entre autres de retourner dans leur pays.

Sylvia Mcadam, une des fondatrices du mouvement Idle No More qui participait à la manifestation, a été bouleversée par ces attaques. « Je suis bouleversée parce qu'en tant qu'Autochtones, nous sommes victimes de ce type de racisme et de voir ça ici, c'est horrible! », dit-elle.

« Des paroles blessantes »

La manifestation a été perturbée à nouveau quand un homme a interrompu une réfugiée syrienne qui s'adressait à la foule. Plusieurs manifestants ont répondu en faisant le symbole de la paix.

La réfugiée en question, Doha Kharsa, estime que les gens ont le droit à leur opinion, mais elle avoue que ce sont des paroles blessantes. 

« Cette guerre, nous ne l'avons pas créée, les réfugiés ne l'ont pas créée, nous n'avons pas le choix de laisser notre pays et de venir ici », note-t-elle. « Les réfugiés ne sont pas en sécurité, ils font face à la mort chaque jour. »

Mme Kharsa espère que d'autres membres de sa famille auront l'occasion de venir au Canada afin d'être finalement en sécurité.

D'après un reportage de Nicole Lavergne-Smith

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