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Des médecins turcs font aussi les frais du putsch raté

La purge menée par les autorités turques contre les auteurs et les partisans présumés du coup d'État avorté de la mi-juillet atteint maintenant des médecins du plus grand hôpital militaire d'Ankara.

Près de 100 membres du personnel de l'hôpital Gulhane sont visés par des mandats d'arrêt, selon ce qu'a déclaré à l'AFP un responsable turc s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Des raids de la police étaient en cours à la mi-journée, selon la télévision privée NTV, mais on ignore si des arrestations ont bel et bien eu lieu jusqu'ici.

Selon le responsable turc, le personnel de l'hôpital est soupçonné d'avoir permis l'entrée de sympathisants du prédicateur Fethullah Gülen dans l'armée. Le président Recep Tayyip Erdogan a imputé la tentative de putsch aux partisans de M. Gülen, aujourd'hui exilé aux États-Unis. Celui-ci dément toute implication.

L'hôpital Gulhane est « crucial parce que c'est là que les bilans de santé et d'aptitude au service sont établis », a expliqué le responsable turc.

« Il y a des éléments forts qui laissent penser que les membres du FETO (terme désignant les réseaux de Gülen) ont infiltré cette institution pour ralentir la carrière de leurs rivaux dans l'armée et permettre à leurs sympathisants de progresser rapidement dans leur propre carrière ».

Jusqu'ici, la purge, menée dans une Turquie en état d'urgence, a touché de plein fouet l'armée - qui a vu le limogeage de près de la moitié de ses généraux -, la justice, l'éducation et la presse.

Le secteur de la santé semblait avoir été épargné par cette chasse aux sorcières nationale, qui a conduit à environ 18 000 arrestations ou détentions. De 60 000 à 70 000 personnes ont aussi été suspendues de leur emploi.

L'opération menée à l'hôpital Gulhane a été rendue possible par un décret promulgué dans le cadre de l'état d'urgence, qui a transféré l'ensemble des hôpitaux militaires turcs de l'armée au ministère de la Santé.

Le premier ministre Binali Yildrim a par ailleurs annoncé mardi de nouvelles mesures visant à mettre l'armée au pas. Les tribunaux militaires passeront ainsi sous la supervision du ministère de la Défense. Le gouvernement a aussi pris le contrôle de chantiers navals et d'usines gérés jusqu'ici par l'état-major de l'armée.

Le gouvernement a aussi récemment publié un décret permettant au président et au premier ministre de donner directement des ordres à l'état-major.

Le premier ministre Yildrim affirme que ces gestes n'affaibliront pas l'armée, mais lui permettront de se concentrer essentiellement sur la sécurité nationale.

Selon le ministre turc de l'Économie, le coup d'État militaire mené le 15 juillet a coûté quelque 130 millions de dollars à l'économie du pays et a conduit à l'annulation d'un million de réservations touristiques.

Cet impact sur le tourisme, conjugué à une baisse des commandes de l'étranger, risque de faire grimper encore davantage la facture, estime-t-il. 

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