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Des Métis de Fort McMurray demandent des excuses 50 ans après leur expulsion

Un demi-siècle plus tard, l'histoire de Moccasin Flats peine encore les Métis de Fort McMurray. C'est l'histoire non résolue d'au moins 12 familles autochtones qui furent expulsées ou déplacées pour laisser la place à la ruée vers l'or noir des sables bitumineux.

« Ça a été vraiment un coup dur », se remémore la présidente des Métis de Fort McMurray, Gail Gallupe. « Il y avait tellement de discrimination et tellement de racisme. »

Le groupe a lancé une étude académique pour clarifier les détails de ce déplacement des communautés majoritairement métisses dans cette région du nord de l’Alberta entre la fin des années 1970 et le début des années 1980.

Les auteurs de l’étude, Tara Joly et Hereward Longley, veulent savoir combien de familles ont été déplacées, dans quelles conditions, pour quelles raisons et ce qu’elles sont devenues.

« Nous avons une idée générale de ce qui s’est passé, mais les effets sociaux, culturels et économiques sont vagues », observe M. Longley, doctorant en histoire environnementale à l’Université de l’Alberta.

Les détails connus aujourd’hui proviennent des histoires orales et des articles de journaux détaillant les premières années du boom économique de Fort McMurray.

Racisme et harcèlement

La pression de l’urbanisation a frappé à la porte des communautés métisses, cries et denes qui vivaient sur les bords des rivières Athabasca et Snye dès les années 1960. La municipalité et la province souhaitaient construire une conduite d’égout et de dérivation.

L’entreprise Syncrude voulait quant à elle construire, par le biais d’un promoteur immobilier, un édifice pour loger ses employés.

Dans un article du 11 août 1978 du journal Fort McMurray Today, les résidents de Moccasin Flats se disent victimes de racisme et de harcèlement par les travailleurs de la construction puis par les habitants de l’immeuble de Syncrude. D’autres habitants les décrivent comme des « squatteurs » qui vivent dans un « bidonville ».

À l’époque, les autorités municipales affirmaient que les résidents de Moccasin Flats n’y vivaient pas depuis des décennies.

Des excuses pour se réconcilier

Les prémisses de l’étude du chercheur Hereward Longley montrent cependant que des communautés autochtones vivaient dans la zone toute l’année depuis longtemps et que d’autres allaient et venaient en fonction de la chasse.

La municipalité régionale de Wood Buffalo ne veut pas commenter les actions passées. Elle examine aujourd’hui comment mettre en place les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

La présidente des Métis de Fort McMurray espère que l’étude académique amènera des excuses de la municipalité et « la reconnaissance qu’une injustice a été commise ».

D’après les informations de David Thurton, CBC News

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