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Des migrants en colère bloquent une ligne de chemin de fer en Grèce

Un groupe de migrants coincés en Grèce à la frontière macédonienne a bloqué une ligne de chemin de fer afin de protester contre le refus de la Macédoine de les laisser poursuivre leur route vers l'Europe de l'Ouest.

Des individus se sont couchés sur les rails, du côté grec de la voie ferrée, empêchant un train de marchandises qui venait de franchir la frontière macédonienne de poursuivre sa route vers le sud, en territoire grec.

Quelque 10 000 migrants sont coincés à la frontière macédonienne puisque les autorités du pays ont indiqué qu'elles laisseraient entrer seulement le nombre de personnes que le pays suivant sur la route de l'Ouest, la Serbie, voulait bien accepter.

Seulement 500 personnes ont ainsi pu franchir la frontière au cours des 24 dernières heures.

De plus, quelques-unes de ces personnes ont été renvoyées en Grèce parce que la Macédoine soutient que leurs papiers ne sont pas en règle.

Des migrants avancent que la Macédoine refuse les documents estampillés électroniquement émis par la police grecque. Ils se retrouvent ainsi dans l'incapacité de prouver que les documents attestant leur identité sont authentiques.

« Ils nous disent ici [en Grèce] que tout est correct, mais de l'autre côté de la frontière, les documents ne sont pas valides », a raconté à l'Associated Press un réfugié syrien, Adman Abdallah. Ce dernier a attendu trois jours à la frontière grecque avant de pouvoir entrer en Macédoine, pour être refoulé ensuite.

Une frontière, deux options

Les migrants ainsi coincés à la frontière ont un choix difficile à faire : attendre, dans un camp insalubre et surpeuplé, que leur tour vienne, malgré les quotas de migrants imposés par la Macédoine, ou tenter le coup en passant par les collines et en faisant le saut dans la clandestinité.

Deux compagnons de route se sont séparés en arrivant à la frontière. Le Syrien Ahmed Majid a décidé de faire la file et d'attendre sagement son tour, pendant des jours, voire des semaines, à dormir dehors dans un camp de réfugiés, privé de l'hygiène la plus élémentaire.

Son camarade, un Égyptien du nom de Mohamed, a pris la direction des collines à la faveur de l'obscurité. Des heures de marche dans les montagnes et les bois pour atteindre l'Allemagne, où un frère et une sœur l'attendent.

Le choix de Mohamed n'en est pas vraiment un puisque la Macédoine et la Serbie ne laissent plus passer, depuis novembre dernier, que les Syriens, les Afghans et les Irakiens. Pour les autres, Pakistanais, Égyptiens, Libyens, Marocains, Algériens, Tunisiens, Soudanais, le saut dans la clandestinité devient un passage obligé.

Les Afghans ont maintenant rejoint les autres nationalités sur la liste d'interdiction, mais beaucoup de migrants originaires de ce pays continuent d'affluer à la frontière.

L'UE à la rescousse de la Grèce

Devant cette impasse sur le terrain, le premier ministre grec Alexis Tsipras et le président du Conseil européen Donald Tusk réclament la fin des initiatives unilatérales de pays membres de l'Union européenne pour résorber la crise des migrants.

« La Grèce réclamera le respect des traités européens par tous les pays membres et des sanctions pour ceux qui ne les respectent pas », a déclaré M. Tsipras à l'occasion de la visite de M. Tusk à Athènes. Nous demandons que cessent les actions unilatérales en Europe », a-t-il ajouté en référence au rétablissement des contrôles frontaliers par plusieurs pays membres de l'UE.

Alexis Tsipras a promis d'accueillir tous les migrants qui se présenteront sur son territoire, mais il a ajouté que la Grèce ne pourrait supporter seule ce fardeau. « Nous ne permettrons pas à la Grèce ou à n'importe quel autre pays de devenir un entrepôt d'âmes humaines, a déclaré le chef du gouvernement grec. Nous sommes à un moment clé de l'avenir de l'Europe. »

De son côté, M. Tusk a pris la route d'Ankara après sa rencontre avec M. Tsipras. Il préparera le sommet de l'UE du 7 mars en plus de tenter d'obtenir un effort supplémentaire de la Turquie afin de réduire le nombre de migrants qui tentent la traversée de la mer Égée depuis ce pays.

L'UE fait pression sur la Turquie, en promettant d'assumer les coûts liés aux réfugiés qui se trouvent en territoire turc, afin qu'elle limite à 1000 par jour le nombre de migrants à se diriger vers la Grèce.

L'UE estime qu'il serait plus facile de gérer les 350 000 migrants qui se présenteraient ainsi en Grèce annuellement plutôt que les 2000 par jour présentement enregistrés.

Tusk en Turquie

Une fois à Ankara, où il a rencontré le premier ministre Ahmet Davutoglu, M. Tusk a demandé aux migrants de ne pas risquer leur vie et gaspiller leur argent pour venir en Europe « pour rien ». « Je veux lancer un appel en direction de tous les migrants économiques potentiels d'où qu'ils viennent: ne venez pas en Europe, ne croyez pas les passeurs, ne risquer pas votre vie et votre argent. Cela ne servira à rien », a-t-il poursuivi.

Sa visite en Turquie visait à renforcer la coopération avec le pays pour enrayer l'immigration illégale et le trafic d'êtres humains. « Le problème, ce n'est pas le nombre, c'est ce processus qui se prolonge de manière permanente », a dit Donald Tusk, plaidant pour « l'élimination totale de ce phénomène ».

M. Davutoglu, de son côté, a déploré que Turcs et Grecs soient livrés à eux-mêmes dans la crise des migrants. Il a discuté avec M. Tusk des meilleures manières de dépenser les trois milliards de dollars promis à la Turquie par l'UE afin de maintenir les migrants fuyant la Syrie et l'Irak.

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