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Des milliers de syndiqués ont pris la rue d'assaut à Longueuil

Des milliers de syndiqués, principalement du monde de l'enseignement, ont déferlé dans les rues de Longueuil, mercredi en après-midi, afin de faire entendre leur mécontentement au gouvernement de Philippe Couillard.

De l'avis des leaders syndicaux, ils étaient quelque 7000 manifestants à déplorer tant les compressions dont ils disent faire l'objet que les offres gouvernementales qu'ils estiment insuffisantes.

Plus tôt en matinée, ce fut devant le siège de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) que les manifestants s'étaient massés, afin de dénoncer le soutien considéré comme insuffisant de la part de la CSDM.

« On veut lancer un message clair à nos dirigeants de la commission scolaire d'écouter nos revendications », a déclaré Catherine Renaud, présidente de l'Alliance des professeures et des professeurs de Montréal. Les employés de soutien de la CSDM n'étaient pas en grève, mais en raison du mouvement de protestation, ils n'ont pu entrer dans l'immeuble.

Il s'agissait mercredi de la troisième journée de grève tournante du front commun intersyndical.

De son côté, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) tenait, elle, sa deuxième journée de débrayage cette semaine. L'Alliance des professeures et des professeurs de Montréal est affiliée à la FAE. La date de la troisième journée de grève de la FAE n'est pas encore connue.

Un manque de soutien dénoncé

Les enseignants déplorent notamment que la CSDM souhaite augmenter le nombre d'élèves par classe, et faire passer leur semaine de travail de 32 à 35 heures. Ils dénoncent également la diminution des services pour les élèves en difficulté ou ceux qui ont des besoins spéciaux, comme les enfants handicapés. « Il faut absolument améliorer le quotidien des enseignants et des enseignantes, s'assurer d'un service adéquat pour les élèves et lutter contre la précarité », a ajouté Mme Renaud.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon, affirme que la CSDM est en quelque sorte prise « en sandwich » entre le gouvernement et son personnel. « On comprend très bien les revendications de notre personnel, que c'est difficile de travailler dans les milieux, dans les écoles. En même temps, on a une responsabilité par rapport à nos élèves », a-t-elle déclaré sur les ondes de RDI.

Des enseignants ont également été en grève en Outaouais et en Mauricie. Des débrayages d'employés de l'État devaient également être tenus dans le Centre-du-Québec et en Estrie.

La fermeture des écoles et des services de garde s'avère un important casse-tête pour plusieurs parents. À Gatineau, un complexe sportif a organisé des camps de jour pour tenter d'accommoder certains parents qui n'ont pas de proches pour garder leurs enfants.

Ève Kirlin est la vice-présidente du comité de parents de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). En entrevue sur ICI RDI, elle a affirmé que lors d'une assemblée générale tenue mardi soir, les délégués présents ont en majorité donné leur appui aux enseignants, même si la grève entraîne pour eux des difficultés.

« Si ça peut faire changer les choses, les parents en sont encore à l'étape : "le jeu en vaut la chandelle" », a-t-elle expliqué.

Relativement à la possibilité qu'il y ait trois jours de grève générale les 1, 2 et 3 décembre, Mme Kirlin maintient que le soutien aux enseignants ne faiblit pas du côté des délégués membres de comités de parents. Elle affirme cependant que dans leur milieu respectif, les délégués constatent que le reste des parents ne sont peut-être pas aussi nombreux à comprendre et à appuyer les débrayages des enseignants.

Ève Kirlin assure malgré tout que les parents sont « prêts à beaucoup de sacrifices pour faire entendre raison [au gouvernement] ».

« C'est un message très très fort qui est envoyé à Québec », dit Mme Kirlin.

Le milieu de la santé aussi touché

Des manifestations de travailleurs du milieu de la santé ont eu lieu dans plusieurs établissements de la province, notamment devant l'hôpital de Trois-Rivières et l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke. 

Parmi les manifestants, à Sherbrooke, on retrouvait des préposés aux bénéficiaires, des employés de buanderie et des secrétaires médicales, qui dénoncent à l'unisson leurs conditions salariales. Québec propose un gel de salaire sur 2 ans, suivi d'une hausse de salaire de 3 % sur 3 ans. Les employés du secteur public demandent, quant à eux, une hausse de 13,5 % sur 3 ans. 

Les services essentiels sont maintenus dans les établissements touchés par la grève, ce qui signifie que 90 % des services doivent être maintenus. À Sherbrooke, les employés de soutien viennent manifester à tour de rôle pendant une période de 40 minutes.

Couillard souhaite que les parties s'entendent

Au deuxième jour des grèves tournantes du Front commun, mardi, le premier ministre Philippe Couillard a répété qu'il souhaitait voir les parties trouver un terrain d'entente en négociant. Il a dit être surpris qu'un règlement ne puisse intervenir dans le cadre financier gouvernemental alors que ce fut le cas avec les médecins omnipraticiens, les municipalités et le syndicat qui représente les employés de la Société des traversiers.

Le premier ministre a invité les syndiqués à examiner les ententes qui ont récemment été signées en Ontario qui contiennent des paramètres qui, à son avis, ressemblent à ce qu'offre son gouvernement.

Le Front commun intersyndical, qui représente quelque 400 000 employés de l'État, réclame des augmentations salariales de 4,5 % par année pendant trois ans. Le gouvernement offre deux années de gel salarial suivies d'augmentations de 1 % par année pendant trois ans. Il veut aussi faire passer de 60 à 62 ans l'âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité.

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