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Des parents prêts à se rendre en cour pour avoir une école francophone à Toronto

Des parents de Toronto qui n'en peuvent plus d'attendre une école secondaire francophone dans leur quartier ont décidé de s'organiser. Radio-Canada a appris qu'ils viennent d'embaucher Nicolas Rouleau, l'un des avocats qui a gagné l'an dernier une cause majeure sur l'éducation en milieu minoritaire en Colombie-Britannique. 

Un reportage de Laurence MartinTwitterCourriel et de Valérie OuelletTwitterCourriel

C'est l'une des causes francophones les plus importantes des dernières années : en avril 2015, la Cour suprême a donné raison aux parents de l'école francophone Rose-des-Vents à Vancouver, qui réclamaient depuis 2010 des services scolaires équivalents à ceux offerts aux élèves anglophones.

Les parents ont fait valoir, entre autres, que leur école étaient surpeuplée et que les services offerts étaient de moins bonne qualité que ceux en anglais. À tel point que certains préféraient inscrire leurs enfants dans des écoles anglophones. 

Cette victoire inspire un groupe de parents de l'Ontario, qui milite depuis des années pour des services scolaires en français dans leur quartier de l'est de Toronto. 

Parmi eux, Lianne Doucet, qui est maman de trois filles. L'école secondaire francophone la plus proche de chez elle est à 45 minutes en transport en commun. 

Sa fille aînée a passé tout son secondaire à faire ce trajet pour se rendre au Collège Français, où les installations étaient loin d'être idéales. 

Sa deuxième fille a choisi de se tourner vers une école anglophone, entre autres parce que c'était plus proche de la résidence et parce qu'il y avait plus d'activités.

Et sa dernière fille va, elle aussi, devoir faire un long trajet en autobus si elle veut continuer l'école en français au secondaire l'an prochain. 

Pourtant, le quartier Leslieville où elle habite, tout comme ceux aux alentours, comme les Beaches et Danforth, compte de nombreux francophones. En 2011, environ 4000 résidents du secteur avaient le francais comme langue maternelle, selon Statistique Canada.

Pas de doute, donc, qu'une école secondaire francophone dans l'est de Toronto serait très populaire, selon Lianne Doucet. Le défi, dit-elle, c'est de trouver un terrain et du financement. 

Des écoles anglophones à moitié vides

C'est là, justement, une des grosses sources de frustration pour ces parents torontois : il y a plusieurs écoles de langue anglaise dans l'est qui sont à moitié vides.

Pour que le conseil scolaire francophone public ait accès à une de ces écoles, son équivalent anglophone, le TDSB, doit d'abord évaluer ses besoins et décider s'il vend ou non une installation, un processus qui peut durer des années. 

Lianne Doucet, tout comme les autres parents membres de la Coalition pour une école secondaire de quartier, n'en peut plus d'attendre. 

« On a droit à une école équivalente, pas à une vieille école »

Après avoir constaté que d'autres parents francophones avaient eu gain de cause devant la Cour suprême, la Coalition a décidé d'embaucher l'avocat Nicolas Rouleau, qui a représenté l'Association des parents de l'école Rose-des-Vents.

Tout comme ceux de Vancouver, les parents de Toronto croient qu'ils sont en droit de réclamer des installations équivalentes à celles des anglophones. 

Or, ajoute-t-elle, le français, c'est un droit linguistique qui se trouve au coeur de la Charte. 

Selon l'avocat Nicolas Rouleau, c'est à la province de trouver une solution pour que les droits des minorités linguistiques soient respectés.

Pour l'instant, sa demande de rencontre avec la ministre de l'éducation de l'Ontario est restée sans réponse.

Le groupe de parents veut continuer le dialogue avec la province, mais le cas échéant, il se dit prêt à se rendre jusque devant les tribunaux.

Le ministère dit investir là « où les besoins sont les plus urgents »

La ministre de l'Éducation n'était pas disponible ces derniers jours pour nous accorder une entrevue. Dans un courriel, sa porte-parole Nicole McInerney nous écrit que le gouvernement choisit de financer les projets « où les besoins sont les plus urgents dans les trois prochaines années ».

Selon la province, une seule demande de financement pour une école dans l'est de la ville a été déposée par un conseil francophone à Toronto ces dernières années. Une demande qui a été rejetée. 

La directrice des communications du Conseil scolaire Viamonde, Claire Francoeur, soutient toutefois que son conseil exprime au gouvernement le besoin d'obtenir une école secondaire publique de langue française dans l'est de la ville depuis des années. 

Une demande pour une école dans le quartier des Beaches a aussi été faite par le Conseil scolaire catholique francophone, le CSDCCS, selon la porte-parole Marthe Métayer. 

Une nouvelle école secondaire catholique de langue française est en construction, mais beaucoup plus à l'est, à Scarborough. 

 

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