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Des patients vendent illégalement leur marijuana médicinale

La facilité d'obtenir une ordonnance du médecin permettant de cultiver de la marijuana encourage la vente illégale du produit et permet au crime organisé de profiter de la situation, dit l'Association canadienne des chefs de police (ACCP).

Jack (nom d'emprunt), qui habite en Colombie-Britannique, a commencé à vendre illégalement de la marijuana dans les années 1990. Il y a sept ans, il a si facilement obtenu un permis pour cultiver ses propres plants de marijuana qu'il a convaincu un ami de faire de même. Ceci a permis à Jack de cultiver 196 plants de marijuana.

« Vous obtenez une ordonnance d'un médecin, et on vous donne un permis de cultiver [la marijuana] », dit-il.

Selon l'Association médicale canadienne, aucune ligne directrice n'existe pour guider les médecins à choisir les doses appropriées de marijuana. Par conséquent, ceux-ci peuvent prescrire aux patients la quantité qu'ils jugent bonne.

Santé Canada ne fait pas d'inspection ou de vérification auprès des personnes à qui l'organisme délivre des permis pour cultiver la marijuana.

Mike Serr, président du Comité sur la sensibilisation aux drogues de l'Association canadienne des chefs de police, confirme que le manque de surveillance a permis au crime organisé de profiter du système.

Aujourd'hui, Jack dispose d'un grand réseau de personnes qui ont obtenu des permis dont il se sert pour son propre bénéfice. Il cultive donc une importante quantité de marijuana et, pour échapper à la détection de l'Agence du revenu du Canada, il a ouvert une autre entreprise qui semble légale et qui lui permet de blanchir l'argent de la drogue.

L'Association de police aimerait voir le gouvernement mettre fin à la pratique permettant aux gens de cultiver leur propre cannabis médicinal. Elle croit qu'il y a suffisamment de producteurs autorisés au Canada pour répondre aux besoins des patients.

« Je respecte la décision du tribunal qui dit que les gens devraient avoir un accès raisonnable [au cannabis NDLR] et pouvoir cultiver leur propre marijuana, dit le chef adjoint Serr. Mais je crois que Santé Canada a travaillé fort pour établir suffisamment de producteurs de cannabis à des fins médicales pour répondre à la demande. »

En juin, le gouvernement fédéral a nommé un groupe de travail de neuf personnes pour établir des recommandations sur la légalisation de la marijuana.

Sa présidente Anne McLellan déclare que la mission du groupe consiste à déterminer et à comprendre les risques liés à la légalisation, et à chercher des moyens d'y remédier.

« Nous nous concentrons sur la forme à laquelle un régime de réglementation légalisé au Canada devrait ressembler. Toutefois, nous sommes conscients du fait qu'il y a beaucoup d'intérêt de la part d'autres pays, y compris notre voisin du sud », souligne Mme McLellan.

Le rapport du groupe de travail est prévu pour la fin novembre.

Selon les informations recueillies par Caroline Bargout, CBC.

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