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Des « progrès » à Mexico, en attendant les négociations d'Ottawa sur l'ALENA

Les négociateurs canadiens, américains et mexicains de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) affirment avoir progressé lors de leurs tractations en terre mexicaine et se donnent rendez-vous du 23 au 27 septembre dans la capitale canadienne.

Alors que les discussions semblaient difficiles à Mexico, une déclaration commune sanctionnant la fin de la deuxième séance de négociations fait état de « progrès ».

« Au cours des cinq derniers jours, plus de deux douzaines de groupes de travail composés d'experts et d'officiels ont travaillé avec diligence pour faire progresser les discussions et échanger des informations et des propositions », lit-on dans la déclaration.

Il y est écrit aussi que « dans plusieurs groupes, cet engagement a abouti à la consolidation des propositions dans un seul texte sur lequel les équipes continueront à travailler tout au long des cycles de négociation à venir ».

Vers un accord sur l'énergie

La déclaration finale ne précise pas les domaines dans lesquels des progrès ont été réalisés, mais le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, a indiqué devant la presse que le consensus semble se dessiner dans le dossier de l’énergie.

Il a précisé que les négociateurs doivent notamment déterminer s'il faut consacrer ou pas un chapitre distinct à l'énergie dans l'accord renégocié.

Ildefonso Guajardo a également évoqué la possibilité de parvenir à une entente préliminaire sur le commerce numérique, de même qu’il a parlé de l’émergence d’un consensus dans le dossier des télécommunications.

Réitérant le désir de moderniser l’ALENA au bénéfice de toutes les parties, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s’est montrée optimiste quant à la suite des discussions. Elle a admis que les principaux points en litige n'ont pas été encore réglés.

Pour sa part, le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a insisté sur la nécessité de parvenir à un nouvel accord qui serait bénéfique pour tous les Américains. Un ALENA modernisé devrait, selon lui, réparer les dommages occasionnés à l'industrie manufacturière américaine.

Des divergences à aplanir

Après la première rencontre de Washington, les pourparlers sont entrés dans le vif du sujet à Mexico et plusieurs divergences sont apparues, notamment en matière d’environnement, d’agriculture et de mobilité de la main-d’œuvre.

D’autres points litigieux risquent de compliquer le travail des négociateurs. Parmi eux, le mécanisme de règlement des différends commerciaux prévu au chapitre 19 de l’accord et que les États-Unis veulent tout simplement abolir.

Ce mécanisme permet à un pays membre de faire appel à des experts indépendants lorsqu'il juge que des droits antidumping ou compensateurs lui sont imposés de façon injustifiée.

Très sollicités lors de la crise du bois d’œuvre, ces arbitres ont souvent donné gain de cause au Canada.

Il y a aussi les règles d'origine des produits qui risquent de causer des maux de tête autour de la table de négociation. Les États-Unis veulent réduire le recours à l'importation de composantes pour encourager la production américaine.

La gestion de l’offre est une autre source de dissension. Le Canada se montre intransigeant à ce sujet, alors que les Américains demandent un assouplissement des contrôles canadiens sur l’importation de volailles et de produits laitiers. Les États-Unis cherchent à avoir un meilleur accès au marché canadien pour leurs céréales, leur vin et surtout leurs laits et fromages.

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