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Des propriétaires de pitbulls condamnés à payer 223 000 $ pour l'attaque sauvage d'une enfant

Une jeune femme de 18 ans, marquée à vie après avoir été violemment attaquée par les pitbulls de ses voisins il y a six ans, recevra 135 000 $ en dommages. Le tribunal estime que les propriétaires des chiens sont responsables des souffrances causées à la famille abitibienne et les condamne à verser un total de plus de 223 000 $, selon une récente décision dont Radio-Canada a obtenu copie.

Un texte de Geneviève Garon

À l'âge de 12 ans, Mégan Dubé a été victime d'une attaque terrifiante qui a fait basculer sa vie. Le 12 mai 2011, la gymnaste revenait de l'école à La Sarre, en Abitibi, lorsqu'un des trois pitbulls de ses voisins a surgi pour l'empêcher d'entrer chez elle.

La bête en liberté a bondi et l'a mordue au genou gauche jusqu'aux os. Au même moment, un deuxième pitbull sans laisse est arrivé et l'a mordue au mollet droit. L'enfant a tenté de se réfugier dans la voiture d'une passante et c'est alors qu'un des chiens lui a sauté au visage et l'a mordu à l'épaule et à la poitrine.

Les hurlements de Mégan Dubé ont alerté des résidents qui ont accouru pour la protéger. Malheureusement, trois d'entre eux ont aussi dû se rendre à l'hôpital, ensanglantés, après avoir été assaillis par un total de trois pitbulls.

Les chiens arrivaient de chez le voisin de l'enfant, Guy Morneau. Son fils, Sébastien, a déjà été condamné au criminel dans cette affaire, après avoir plaidé coupable à quatre chefs d'accusation de négligence criminelle causant des lésions corporelles à Mégan Dubé et à trois autres résidents. Il a écopé d'une peine totale de 30 mois de détention en ajoutant à ses infractions la culture de plus de 400 plants de cannabis. Mégan Dubé et ses parents ont décidé de transporter l'affaire devant une Cour civile.

« Des animaux dociles et doux » selon les propriétaires

Lors du procès au civil, Guy et Sébastien Morneau, de même que l'ex-conjointe de ce dernier, ont décrit les trois pitbulls « comme des animaux dociles et doux ».

Ils se disent tous stupéfaits par l'attaque du 12 mai 2011, peut-on lire dans la décision du juge Robert Dufresne de la Cour supérieure. À la naissance de son enfant, en juillet 2010, Sébastien Morneau avait 17 chiens de races variées qui vivaient sans enclos.

Peu après sa séparation au début de l'année 2011, il s'est installé dans la maison de son père, près de la famille de Mégan Dubé. Guy Morneau se rendait régulièrement à la résidence pour effectuer des travaux le jour. Trois pitbulls y demeuraient.

Lors du procès au civil, le tribunal devait entre autres déterminer qui avait la garde des chiens le jour de l'attaque.

À la barre des témoins, Guy Morneau a nié en avoir été responsable. Le juge souligne que son fils a tenté de prendre le blâme pour lui en affirmant notamment qu'il était l'unique propriétaire des chiens. Mais « les histoires des défendeurs se contredisent et sont invraisemblables en elles-mêmes », note-t-il.

Le tribunal conclut que Guy Morneau était le propriétaire de l'un des trois pitbulls et que père et fils « doivent être tenus solidairement responsables des dommages puisque leurs chiens ont tous trois participé à l'attaque ». Les deux hommes, de même que Promutuel Assurance, sont condamnés à payer 135 000 $ en dommages à Mégan Dubé et plus de 88 000 $ à ses parents, Nancy Godbout et Johnny Dubé.

Des séquelles à vie

« C'est une petite fille qui a vécu un drame et qui va en garder le souvenir toute sa vie », affirme l'avocat de Mégan Dubé et sa famille, Jonathan Gottlieb.

En plus de ses nombreuses cicatrices, la jeune femme est demeurée très vulnérable et souffre d'importantes séquelles psychologiques. Elle a longtemps été incapable de sortir seule de chez elle. Ainsi, lorsqu'elle a obtenu son permis de conduire à 16 ans, ses parents devaient la regarder par la fenêtre lorsqu'elle marchait entre la maison et son véhicule pour la rassurer. Elle doit aussi quitter précipitamment un restaurant si un client s'y pointe avec un chien.

Selon Me Gottlieb, la décision envoie le message que « le propriétaire ou le gardien de n'importe quel animal qui blesse une tierce personne est responsable ».

Guy Morneau, son fils et la compagnie d'assurance disposent de 30 jours pour porter le jugement en appel. Lundi soir, il n'a pas été possible de joindre leur avocat.

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