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Des puces électroniques dans les bacs à déchets, à Edmundston

Edmundston a imité l'exemple d'autres villes au pays en installant des puces électroniques sur les poubelles et les bacs de recyclage de ses résidents pour en étudier le contenu.

Peu de résidents sont au courant de cette pratique et la façon dont la Ville s'y est prise soulève des questions parmi les résidents.

La Ville d'Edmundston a installé ces puces, des bandes autocollantes, à l'été de 2015.

Les puces, combinées à une pesée sur le bras mécanique des camions de vidange et à une caméra à l'intérieur du camion, permettent de connaître la quantité et le type de déchets que les citoyens jettent à la poubelle ou dans leur bac de recyclage.

Le coordonnateur en développement durable de la Ville d'Edmundston, Sébastien Duguay, donne un aperçu des informations recueillies.

« L'information qu'il y a de disponible, c'est le numéro de série du bac, de un... l'adresse qui est associée au bac. On ne sait pas qui habite là, mais on sait que ce bac-là est censé être à cet endroit-là et on sait aussi quel type de bac. »

Une pratique légale?

Un résident, Louis Pedneault, s'interroge toutefois. « Est-ce que c'était légal de vérifier quelque chose qui m'appartient et d'y apposer une puce? »

Il avance déjà la réponse : la Ville n'a pas le droit, selon lui, de modifier le bien d'autrui à son insu, même lorsque ce bien se trouve au bord des rues publiques.

Une professeure de droit de l'Université de Moncton, Micheline Gleixner, affirme que l'installation de ces puces entre dans une zone grise, sur le plan juridique. « Aucun individu ou organisme public peut modifier d'une façon ou d'une autre ou déformer ou mutiler les biens des individus », dit-il.

Mais elle s'empresse d'ajouter que l'intention derrière l'usage de la puce et la nature des informations récoltées sont aussi à considérer.

L'installation de puces est courante au Québec

L'installation de puces électroniques sur des bacs de déchets ou de bacs de recyclage est courante au Québec, mais règle générale, les bacs appartiennent aux villes et non pas aux résidents.

Sébastien Duguay reconnaît que la Ville d'Edmundston a peut-être mal communiqué ses intentions. « La logique était : la puce est déjà dans le bac bleu, donc la mettre dans le bac vert, ça allait de soi! »

La Municipalité voulait simplement assurer une meilleure gestion de la collecte, dit-il, mais aussi protéger les résidents.

Après l'entrevue qu'il a accordée à Radio-Canada, la Ville a publié un communiqué pour préciser que les puces servent aussi à s'assurer que les bacs n'ont pas été oubliés lors de la collecte. Elles permettent d'autre part d'associer un bac à sa propriété, ce qui peut être utile en cas de vol ou de déplacement accidentel.

Les informations recueillies ont tout de même permis de servir des avertissements aux résidents qui jetaient des choses non autorisées dans les bacs. Aucune contravention n'a toutefois été donnée jusqu'ici.

Louis Pedneault a retiré la puce de ses bacs. Il songe même à poursuivre la Ville.

D'après des informations d'Étienne Dumont

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