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Des résidents de Moncton se plaignent des prostituées

Des commerçants de la rue St-Georges à Moncton se plaignent de la prostitution dans leur quartier et de l'impact négatif sur leurs entreprises. La Gendarmerie royale du Canada affirme avoir reçu plusieurs plaintes et avoir déployé une plus grande présence policière dans la région.

Un texte de Nicolas Steinbach

Environ 80 personnes se sont présentées à la rencontre publique organisée par le Comité consultatif sur la sécurité publique de Moncton. La première réunion de ce genre à se tenir depuis sept ans.

Certains résidents, à bout de patience, ont indiqué que cet été est le pire que le quartier St-Georges ait connu et un autre soutient que des clients ont essayé de solliciter sa femme.

Le propriétaire d'un magasin de hamac, Cory Richardson, dit qu'il voit des prostituées tous les jours. Certaines se retrouvent régulièrement devant son commerce. Il dit essayer de les aider comme il peut.

« Les filles à qui je parle, elles sont toxicomanes en plus, elles sont souvent désespérées. Je n'aime pas les avoir devant ma porte. En même temps, j'essaye de les aider avec de la nourriture. Une est déjà entrée pour prendre une douche ou dormir sur le sofa. Je les traite comme des êtres humains. », dit-il.

Plus difficile pour la GRC

Le sergent Maurice Comeau, qui a répondu aux inquiétudes des citoyens, indique que la police ne peut pas éliminer la prostitution totalement, mais qu'elle essaye de la diminuer.

Cependant depuis que la Cour suprême du Canada a statué que la criminalisation de la prostitution est inconstitutionnelle, c'est plus difficile de procéder à des arrestations. « Ça complique parce qu'on ne peut pas retirer les prostituées de la rue, on ne peut pas les empêcher de vendre leurs produits, mais dans un autre sens ç'a renforcé la loi contre les clients pour les accuser criminellement », souligne le sergent Comeau.

Selon lui, la solution passe par la communauté qui doit davantage aider les policiers à fournir des informations sur ce qui se passe dans la rue.

Un comité de surveillance de quartier créé

John Maisey, un planificateur financier propriétaire d'un bureau dans le quartier, dit lui aussi avoir observé une augmentation des prostituées au cours des derniers mois.

« Ce n'est jamais bon pour une entreprise d'avoir de la prostitution dans le coin. Ce qui m'inquiète aussi c'est que ma fille est jeune et ne peut pas marcher dans la rue après souper parce qu'il y a trop de clients qui vont l'approcher, c'est un problème qui doit être réglé. », dit-il.

John Maisey et une vingtaine de personnes présentes à la réunion se sont inscrits pour former un nouveau comité de surveillance de quartier. Le coordonnateur du Comité consultatif sur la sécurité publique de Moncton est satisfait et dit que le comité va mieux coordonner les plaintes à la GRC. 

« C'est plus que seulement prendre des photos, on va noter les plaques d'immatriculation des clients [...] c'est bien mieux si les voisins se parlent entre eux » affirme Robert Gallant.

Des panneaux pour encourager la délation des clients

La corporation Moncton Centre-ville, qui a également assisté à la rencontre, a tenu à appuyer les résidents en promettant d'installer des panneaux pour encourager la délation des clients qui font affaires avec les prostituées.

« On va faire le dessin d'une enseigne approuvée par tous qui sera installée par les gens de la ville, comme par exemple "dénoncez les clients" avec le numéro », souligne Anne Poirier Basque, directrice générale de Moncton Centre-ville.

Anne Poirier Basque dit avoir également parlé aux conseillers pour installer des caméras sur chaque intersection du quartier.

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