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Des ruisseaux presque aussi salés que l’eau de mer à Mississauga

La concentration de sel dans certains ruisseaux de la région de Toronto est comparable à celle de l'océan, selon des analyses effectuées cet hiver. C'est principalement à cause du sel épandu sur les routes et qui se retrouve ensuite dans l'environnement.

Un texte d’Annie Poulin

Le ruisseau Cooksville, qui traverse une zone urbaine à Mississauga, en est un exemple. Pour connaître sa salinité, l’Office de la protection de la nature de Credit Valley mesure le nombre de milligrammes de chlorure par litre d’eau.

Le 16 janvier, le taux était comparable à celui de l’océan et 72 fois plus élevé que la recommandation de Santé Canada pour l’eau potable.

D’autres cours d’eau, comme le ruisseau Sheridan à Mississauga, sont dans une situation semblable, selon l’Office.

Celui-ci mesure la salinité de ces ruisseaux quatre fois par heure depuis qu’il a fait l’acquisition de stations automatisées qui surveillent et analysent la qualité de l’eau en permanence.

« Nous obtenons des résultats que nous n’avons jamais vus auparavant », affirme Amanjot Singh, qui est responsable du programme.

Un environnement toxique

« Beaucoup d’organismes ne peuvent pas vivre dans des écosystèmes qui contiennent autant de sel », explique Carl Mitchell, professeur associé en science de l’environnement à l’Université de Toronto.

Plusieurs espèces de poissons, de moules, de grenouilles et de tortues d’eau douce sont entre autres à risque lorsque la salinité augmente.

Les scientifiques estiment que la faune et la flore souffrent dès que la concentration de chlorure dépasse 120 mg/L dans les milieux d’eau douce.

La concentration dans le ruisseau Cooksville a été supérieure à 3000 mg/L durant toute la dernière semaine de janvier.

« Ça m’inquiète, particulièrement si on a des niveaux comme ça durant plusieurs jours », dit Carl Mitchell.

Il ajoute que ce sel se retrouve ensuite dans les sources souterraines et les lacs, dont la salinité commence aussi à augmenter.

« La salinité du lac Simcoe est environ trois à quatre fois plus élevée que ce qu’elle était il y a quelques décennies », souligne-t-il.

Diminuer l’usage de sel

De nombreuses municipalités disent pourtant faire des efforts pour limiter la quantité de sel épandue sur leurs routes et leurs trottoirs.

Toronto utilise de 130 000 à 150 000 tonnes de sel par année. C’est environ 10 % de moins qu’en 2003, selon Dominic Guthrie, gestionnaire des opérations hivernales pour la Ville.

Il affirme que la métropole ajoute une solution saline au sel qu’elle épand, ce qui le rend plus efficace et diminue la quantité qui doit être utilisée.

La Ville utilise peu de produits plus écologiques, comme le jus de betterave. « Une solution saline coûte entre six et huit cents par litre. Le jus de betterave nous coûterait plusieurs fois ce montant », explique Dominic Guthrie.

Le Fonds mondial pour la nature croit que plus d'actions pourraient être entreprises afin de protéger l’environnement du sel.

Il milite notamment pour que les gouvernements réglementent l’épandage du sel et pour que des certifications sur les meilleures pratiques soient offertes.

« On utilise trop de sel. Une poignée de sel peut couvrir de quatre à cinq mètres carrés, donc c’est suffisant, on n’a pas besoin d’en utiliser plus », fait valoir la porte-parole de l'organisme, Sophie Paradis.

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