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Des « sentinelles de rue » pour venir en aide aux vétérans sans-abri de Montréal

On estime qu'un itinérant sur 20 est un ancien militaire. Syndrome post-traumatique, maladie mentale, alcoolisme, toxicomanie... Les maux dont ils souffrent sont souvent aussi nombreux que complexes. La Mission Old Brewery de Montréal a donc implanté un projet pilote destiné à répondre spécifiquement à leurs besoins : « les sentinelles de rue ». Il s'agit du premier plan du genre au Québec, qu'Ottawa aimerait bien élargir à l'ensemble du pays.

Ce projet pilote de 15 mois permettra de subventionner le loyer de 16 appartements pour des vétérans sans-abri. Un accompagnement psychosocial et des visites à domicile de la part de professionnels de la santé, de travailleurs sociaux et d'autres partenaires du projet leur seront également offerts, de même qu'un accès à des services adaptés en santé physique et mentale.

Le programme, qui bénéficie notamment d'une subvention fédérale de 300 000 $, a été lancé officiellement vendredi matin, à la veille du jour du Souvenir, mais il existe déjà depuis quelque temps, si bien que sept anciens combattants ont déjà été logés grâce à ce projet.

Jusqu'à 45 anciens militaires cognent à la porte de la Mission Old Brewery chaque année, selon son président, Matthew Pearce.

« Ces gens-là ne sont pas fiers d'être à la rue. Ils ont eu toute une formation dans le militaire, de pouvoir survivre dans des conditions très très dures, difficiles, et donc, ils ne veulent pas se sentir dépendants », explique-t-il.

Troubles anxieux, dépressions, dépendances... « Ça fait partie de leur profil souvent, poursuit le président de la Mission Old Brewery. Souvent, ils vont s'automédicamenter, ce qui fait en sorte qu'ils vont consommer de l'alcool, des drogues, jusqu'au point où ils ne seront plus capables de fonctionner dans la société dite "normale". »

Ces vétérans « ont vécu des choses atroces, qui aujourd'hui jouent beaucoup sur [leur façon d'être], sur leur consommation, sur leur mode de vie », ajoute l'intervenante Kasandra Szalipszki. « Il y a des personnes qui n'ont jamais été capables de se réadapter socialement. »

Créée à partir de l'ancien hôpital de Sainte-Anne-de-Bellevue, la Fondation québécoise des anciens combattants contribue au projet. Il faut « aller chercher nos sans-abri militaires et les sortir de la rue », résume le lieutenant-général à la retraite Yvan Blouin. La Fondation souhaite s'occuper de la nouvelle génération de vétérans, dont les blessures sont davantage d'ordre psychologique.

« C'est de l'espoir », concède Daniel Lalonger, un ancien militaire qui bénéficie du projet pilote. « On va visiter un logement demain. J'espère que ça va marcher. »

La Mission Old Brewery est la plus grande ressource pour les hommes sans-abri au Québec et les femmes sans-abri au Canada.

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