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Des sinistrés des inondations expriment leurs frustrations lors de consultations publiques

Plusieurs citoyens ont dénoncé lundi soir, le projet de décret du gouvernement du Québec concernant les zones inondables, qui semble devoir retarder l'octroi de permis et l'aide aux sinistrés des récentes inondations.

Ils ont aussi déploré le peu d'aide reçue à ce jour et la confusion dans les informations obtenues auprès des municipalités ou du gouvernement.

Des sinistrés et des élus ont assisté à la première soirée de consultations publiques – qui se tiennent dans une quinzaine de régions – pour exprimer leur opinion sur le projet de décret qui doit fixer les règles d'urbanisme dans les cas d'urgence.

Le ministère des Affaires municipales souhaite ainsi préparer le décret, qui pourrait mener à la création de zones d’interventions spéciales dans les villes touchées par les inondations du printemps dernier.

Il est également question d’étudier la possibilité d’interdire la reconstruction des demeures considérées comme une perte totale.

De nombreux sinistrés, comme ceux de Gatineau, sont mécontents. Ils espèrent renverser le décret provincial sur la rénovation des maisons inondées dans les zones de grands courants (récurrence de 0-20 ans).

Le décret prévoit la démolition des bâtiments dont le coût des rénovations excède 50 % de la valeur foncière dans les zones de grands courants, soit où il y a une probabilité de 5 % qu'une inondation se produise chaque année.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a envoyé une lettre au gouvernement du Québec pour retarder l’entrée en vigueur de ce décret. Pour lui, il y a un problème entre le décret et la réalité.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, il critique un manque de vision.

Le maire n’apprécie pas l’approche « maison par maison ». Il préconise en outre « un plan de gestion dans la plaine inondable ». Il s’agit de garder les habitats de ces zones tout en renforçant « les protections à la fois de l’environnement et de la communauté », ajoute-t-il.

Exaspération à Deux-Montagnes

Le directeur général de Deux-Montagnes, Benoit Ferland, estime aussi qu'il y a un problème entre les zones cartographiées et le terrain. Il soutient que les inondations les plus graves dans sa municipalité se sont produites dans une cuvette à près d'un kilomètre de la rive, dans une zone de faibles courants (0-100 ans), alors que les résidents des berges n'ont pas eu autant de dommages.

Il croit surtout que les sinistrés sont exaspérés parce qu'ils ne savent pas à quoi s'en tenir, deux mois après les événements. « Les sinistrés vont demander quand est-ce qu'ils vont avoir des nouvelles et quand ils pourront recevoir les indemnités qui ont été prévues et votées il y a plus de deux mois par le gouvernement », souligne-t-il.

Des 300 personnes présentes à la rencontre dans les Laurentides lundi, plusieurs ont en effet souligné que la lenteur du traitement de leur dossier les place dans une situation financière très difficile.

D'autres ont fait ressortir des incongruités dans le programme d'indemnisation de Québec. Dans certaines municipalités des Laurentides, les terrains valent parfois plus cher que les propriétés qu'on y retrouve. C'est le cas notamment à Deux-Montagnes, Pointe-Calumet et Saint-Joseph-du-Lac. Pour les sinistrés qui doivent démolir leur maison, recevoir un dédommagement de 50 000 $ pour un terrain qui en vaut presque le double, c'est une aberration.

Plusieurs citoyens ont aussi réclamé une digue de Pointe-Calumet à Deux-Montagnes, pour limiter l'impact lors d'une prochaine crue des eaux.

Encore quelques inspections à Rigaud

À Rigaud, de 200 à 300 personnes se sont déplacées pour cette consultation très attendue. Plusieurs sont mécontents de ne pas encore avoir reçu le rapport d'évaluation du ministère de la Sécurité publique puisque ce document va déterminer si leur maison pourra être reconstruite ou non. Certains vivent à l'hôtel depuis trois mois.

Le ministère doit compléter 18 des 363 inspections en Montérégie avant de pouvoir envoyer ces rapports.

— Avec les informations de Sébastien Desrosiers et de Francis Labbé

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