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Des soldats se rebellent dans la deuxième ville du Venezuela

Dans une vidéo mise en ligne dimanche, un groupe de militaires de la 41e brigade blindée de Valencia affirme avoir lancé un soulèvement au Venezuela afin de rétablir la démocratie dans le pays. Le régime, lui, parle d'une « attaque terroriste » qui aurait déjà été maîtrisée dans la deuxième ville du pays, située à 170 km à l'ouest de Caracas, la capitale.

« Ceci n'est pas un coup d'État, c'est une action civique et militaire pour rétablir l'ordre constitutionnel », déclare l'un des hommes à la caméra, qui s'est présenté comme étant Juan Carlos Caguaripano, un ancien capitaine de la garde nationale.

Il ajoute que toute unité refusant de prendre part à leur rébellion pourrait être la cible d'une attaque militaire.

Les médias locaux n'ont pas encore confirmé s'il s'agit de toute la brigade ou seulement d'une partie de ses membres.

Le numéro deux du Parti socialiste au pouvoir, Diosdado Cabello, a fait état d'une « attaque terroriste à Valencia », avant d'ajouter un peu plus tard que la situation était maîtrisée par les autorités.

« À l'aube, des assaillants terroristes sont entrés dans le fort Paramacay à Valencia, s'attaquant à nos forces armées », a-t-il écrit sur son compte Twitter, ajoutant que plusieurs « terroristes » avaient déjà été capturés.

Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Valencia en soutien au soulèvement, selon la résidente Carolina Herrera, qui comme plusieurs autres a rapporté avoir entendu des coups de feu pendant la nuit. Mais vers midi, la majorité des manifestants avaient été largement dissipés par une intervention au gaz lacrymogène des forces de l'ordre.

Compte rendu des affrontements : un mort et un blessé grave, selon l'armée.

Une première faille dans le soutien militaire de Maduro

Les forces armées du Venezuela ont qualifié le soulèvement de « spectacle de propagande » mal intentionné visant à déstabiliser le pays et en ont profité pour réaffirmer leur allégeance au président Nicolas Maduro.

Les autorités ont par ailleurs affirmé que les auteurs de cette attaque étaient des mercenaires à la solde de l'opposition soutenue par les États-Unis.

Le soulèvement raté donne néanmoins de l'espoir à l'opposition, qui espère depuis longtemps rallier les forces armées à son camp, dans le but d'organiser une élection présidentielle anticipée.

Lors d'un référendum symbolique organisé par l'opposition, la population s'était d'ailleurs prononcée en faveur d’une intervention de l’armée pour défendre la Constitution et l’Assemblée nationale actuelle, où l’opposition est majoritaire.

En première ligne depuis des mois pour réprimer les contestations antigouvernementales, l'armée vénézuélienne commence depuis quelques jours à montrer des signes de fatigue et à remettre en doute la fidélité qu'elle voue au président.

Les tensions politiques et sociales qui déchirent le Venezuela depuis quatre mois, avec des manifestations quasi quotidiennes contre Maduro et son Assemblée constituante, élue le 30 juillet lors d'un vote assombri par les violences et les allégations de fraude électorale, se sont encore accentuées samedi après le limogeage de la procureure générale, Luisa Ortega.

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