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Des solutions pour rendre plus autonomes les adultes trisomiques

Carolanne, 27 ans, vit avec la trisomie 21. Cela ne l'a pas empêchée de louer son propre appartement et de trouver un travail, grâce à un programme spécialisé qui vise à rendre plus autonomes les personnes atteintes de déficience intellectuelle. En cette journée internationale de la trisomie 21, Radio Canada fait le point sur de belles initiatives qui changent la vie des adultes trisomiques et celle de leurs parents.

« Je suis heureuse, c’était mon rêve d’habiter tout seule. »

Depuis juin 2017, Carolanne vit seule dans un trois et demi. Il s’agit du tout premier logement de la jeune femme de 27 ans, qui est trisomique.

Plusieurs jours par semaine, Isabelle St-Louis, éducatrice spécialisée, vient rendre visite à Carolanne pour s’assurer qu’elle gère correctement le ménage et l’élaboration de ses repas, par exemple.

Au début, Isabelle venait cinq fois par semaine afin d’apprendre à Carolanne comment vivre seule.

Actuellement, Isabelle rend visite à Carolanne deux à trois fois par semaine, et d’ici l’été les visites seront plus espacées.

Malgré le fait qu’elle vit seule, Carolanne n’est pas isolée. Sa sœur habite près de chez elle, ses parents sont très impliqués et elle a la chance de bénéficier d’un grand réseau social. Des critères qui ont pesé dans la balance pour que la jeune femme soit admise dans ce programme.

Ce programme de logement à soutien gradué, mis en place par le CISSS de la Montérégie-Ouest, accompagne l’adulte atteint de déficience intellectuelle pendant un an pour qu’il devienne le plus autonome possible.

« On a fait des aide-mémoire au niveau de la sécurité. […] On a pratiqué : qu’est-ce qui arrive s’il y a un incendie, un dégât d’eau? On a travaillé au niveau sécuritaire : quand on va à l’épicerie, combien on apporte d’argent? Si quelqu’un cogne à la porte, qu’est-ce qu’on peut dire? » précise Isabelle St-Louis.

Cette démarche rassure et soulage les parents.

Carolanne « nous surprend beaucoup. […] C’est vraiment au-delà de mes espoirs. On a toujours pensé que le plus loin qu’elle pouvait aller serait dans un groupe avec 5-6 jeunes ayant la trisomie aussi, et qu’elle soit supervisée », confie Francine Sansoucy, sa mère.

Cette année, une vingtaine d’autres adultes comme Carolanne apprennent à vivre de façon autonome avec une déficience intellectuelle, en Montérégie.

Avant de bénéficier de ce programme de logement à soutien gradué, Carolanne a eu la chance de participer à un plan d’intégration à la vie professionnelle. Elle travaille depuis chez un fleuriste.

En tout, 300 adultes ayant une déficience intellectuelle bénéficient chaque année d'un programme d'intégration dans la vie professionnelle.

Les parents se mobilisent

Malheureusement, la demande pour adhérer à ce genre de programme en matière de logement est plus forte que l’offre. C’est pourquoi certains parents d’adultes déficients intellectuels ont décidé de se retrousser les manches et ont mis en place leurs propres solutions.

Daniel LeBlanc, père d’un adulte trisomique, a fondé L’appart à moi, un organisme à but non lucratif qui souhaite apporter autonomie et indépendance aux adultes vivant avec la trisomie 21.

Grâce à différentes démarches de financement et à des collectes de fonds, L’appart à moi a construit un immeuble de neuf logements sociaux.

Face à l’engouement de ce projet, tous ces appartements ont déjà été attribués.

« La sélection des futurs locataires a été faite de la manière la plus rigoureuse possible », dit Daniel LeBlanc.

Les neuf futurs locataires seront encadrés par un intervenant.

Avec les informations d'Anne-Louise Despatie

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