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Des stagiaires disent avoir été sollicitées à répétition par Gerry Sklavounos

Au lendemain du retrait de Gerry Sklavounos du caucus du Parti libéral du Québec, d'anciennes stagiaires de l'Assemblée nationale révèlent que le député leur aurait fait des avances répétées et les plaçait dans des situations inconfortables.

Un texte d'Alexandre Duval

Dans la foulée des allégations d'agression sexuelle visant le député de Laurier-Dorion, deux jeunes femmes ont accepté de se confier à Radio-Canada sous le couvert de l'anonymat.

Selon ces anciennes stagiaires, Gerry Sklavounos aurait sollicité de nombreuses jeunes femmes sur la colline Parlementaire, au fil des ans.

« Il m'a invitée plusieurs fois à souper en dehors de l'Assemblée pour "parler de politique" alors qu'il savait que j'avais un devoir de neutralité [...] Son attitude était inappropriée considérant qu'il était en situation d'autorité », raconte l'une des jeunes femmes.

La jeune femme soutient que dès son arrivée au sein du programme de pages de l'Assemblée nationale, elle avait été avertie de ne pas tolérer ce genre de comportement de la part d'élus.

Quelques semaines plus tard, la stagiaire portait effectivement plainte. Elle affirme s'être fait répondre que « le leader [qui était Jean-Marc Fournier à l'époque], allait être avisé » afin de corriger la situation. « Tout était mis en place pour que la situation cesse, sans faire de bruit », explique-t-elle.

Lors d'un deuxième stage effectué à l'Assemblée nationale, quelques années plus tard, elle aurait à nouveau été sollicitée de façon insistante par Gerry Sklavounos. « Quand j'ai menacé d'en parler à un autre député, cela s'est terminé. »

Des propos déplacés

Une autre stagiaire soutient avoir reçu des commentaires « dégoûtants » de la part du député. « J'avais la grippe et il est venu me jaser en disant : "J'attraperais n'importe quoi de toi" », raconte-t-elle.

Selon ses dires, Gerry Sklavounos l'aurait aussi invitée à passer des soirées avec lui à l'extérieur de l'Assemblée nationale. « Je sais que vous n'avez pas le droit, mais on peut aller dans une autre ville. Personne ne nous reconnaîtrait », lui aurait-il dit.

La jeune femme ajoute que d'année en année, les stagiaires se passaient le mot de faire attention à Gerry Sklavounos en raison de ses avances répétées.

Radio-Canada tente d'obtenir une réaction de la part de Gerry Sklavounos, mais ses bureaux à l'Assemblée nationale et en circonscription ne nous ont toujours pas rappelés. 

Du personnel politique aussi touché

Une source au Parti québécois affirme également qu'une de ses attachées de presse a porté plainte auprès du whip de sa formation politique, en 2012-2013, en raison de paroles et de comportements inappropriés du député du parti adverse Gerry Sklavounos.

Le chef de cabinet du whip du Parti libéral en aurait été informé pour que la situation cesse, ce qui a été le cas par la suite, selon cette source.

Le premier ministre et chef du Parti libéral, Philippe Couillard, affirme qu'il n'était pas au courant. « Pour une raison très simple : je n'étais pas là », indique-t-il.

« La première fois que j'ai entendu parler de M. Sklavounos et des événements, même reliés, c'est mercredi soir lorsqu'on parlait d'un membre de l'Assemblée nationale, et le lendemain, d'un membre du Parti libéral du Québec. On a rapidement agi de façon très décisive, et tout le monde l'a constaté. »

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