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Des super-abeilles pour les régions nordiques?

La Côte-Nord a un immense potentiel de production de bleuets. Mais le froid complique la tâche des abeilles, essentielles au développement des fruits. Des chercheurs tentent de créer de nouvelles races et de nouvelles techniques d'élevage pour les aider à faire leur travail de pollinisation.

Un texte de Aubert Tremblay, de l’émission La Semaine verte

La région de la Côte-Nord, où l'on récolte plus de 2,5 millions de kilos de bleuets chaque année, possède d’immenses superficies non cultivées qui pourraient être elles aussi mises en valeur pour l’industrie bleuetière.

Le développement de la Côte-Nord, c’est fou. Il y a un potentiel minimum de 40 000 hectares!

Daniel Harvey, producteur de bleuets et apiculteur

Le problème n’est pas que les abeilles meurent de froid, mais bien qu’elles se réveillent trop tard au printemps. Elles ne sont pas encore au pic de leur activité quand les bleuets, eux, sont au pic de leur floraison. Les colonies, trop peu populeuses, commencent leur travail trop tard dans la journée.

La Côte-Nord manque aussi de champs sauvages fleuris pour nourrir de grandes populations d’abeilles avant et après la floraison des bleuets. Or, pour polliniser de grandes bleuetières, il faut beaucoup de colonies.

Les producteurs font donc venir des ruches d’ailleurs, du Lac-Saint-Jean et de l’Ontario, et ne les gardent que le temps de la floraison des bleuets. Mais il n’y a pas assez de colonies disponibles, ce qui limite l’expansion des bleuetières.

Développer des colonies plus résistantes

La chercheuse Ève-Catherine Desjardins, du Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB), à Baie-Comeau, fait venir les ruches de Deschambault, près de Québec. Elle compte développer à partir de ces ruches de nouvelles colonies d’abeilles domestiques plus résistantes.

Elle veut aussi tester des outils et des façons de faire mieux adaptés au climat nordique, comme des ruches recouvertes d’isolant ou une alimentation d’appoint plus riche en pollen.

Miser sur l’abeille sauvage

Plusieurs espèces d’abeilles sauvages sont très efficaces pour polliniser les fleurs de bleuets. Elles ont évolué avec les plantes du nord et savent s’en nourrir.

L'Osmia tersula, par exemple, est beaucoup plus petite que l’abeille domestique et peut pratiquement entrer dans la fleur de bleuet. En plus, comme elle passe l’hiver sous forme adulte, elle est active très tôt au printemps.

Les chercheurs croient donc qu’il faut travailler sur deux plans à la fois : endurcir l’abeille domestique tout en domestiquant l’abeille sauvage.

Il faut travailler avec une diversité d’insectes pollinisateurs pour que, dans différentes conditions, il y ait toujours une certaine activité.

Ève-Catherine Desjardins, chercheuse, Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB)

Un défi demeure toutefois : les osmies nichent chacune séparément et ne forment donc pas de colonies. Il faudrait mettre des nichoirs partout dans les bleuetières pour assurer la pollinisation.

Ève-Catherine Desjardins a déjà développé une technique d’élevage d’osmies et des nichoirs appropriés, mais beaucoup de travail reste encore à faire.

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