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Des travailleurs guatémaltèques réclament justice devant la Cour fédérale

Des travailleurs guatémaltèques contesteront mercredi, en Cour fédérale, la mesure de renvoi dont ils font l'objet, après leur arrestation en 2016.

En octobre 2016, ils ont été arrêtés et détenus au Centre de surveillance de l’immigration de Laval à la suite d’une enquête criminelle de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) contre l’entreprise de placement Les progrès inc et son propriétaire, Esvin Cordon.

Depuis leur libération, ils sont sous le coup d’une procédure d’expulsion.

Ils disent qu’ils ont été victimes d’une fraude de cette agence de Victoriaville, et de la part de Garsendy Emmanuel Guillaume, un conseiller en immigration.

Victimes de trafic de main d'oeuvre

Dans leur combat, ils ont reçu l’appui du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) et de l’Association des travailleurs et travailleurs étrangers temporaires. Ces organismes estiment que la quinzaine de personnes arrêtées ont été victimes du trafic de main-d’œuvre et que les vrais contrevenants sont leurs employeurs et l’agence de placement.

Ces Guatémaltèques effectuaient jusqu’à 90 heures de travail par semaine pour 300 $, et ce, entre 6 et 7 jours par semaine.

Ils racontent que l’agence les a incités à quitter ces emplois pour pouvoir les replacer dans d’autres fermes du Centre-du-Québec. Elle leur a aussi promis de meilleures conditions et des permis de travail. Certains ont déboursé plus de 5000 $ sans jamais l’obtenir.

En acceptant l’offre de l’agence, ils se sont retrouvés dans l’illégalité sans le savoir, ont-ils assuré. C'est qu'avec un permis de travail fermé, les Guatémaltèques étaient liés à un seul employeur et ne pouvaient donc pas le quitter.

« C’est une occasion pour les autorités de réaliser l’ampleur du problème. Nous ne sommes pas les seules victimes. Il y a de nombreuses autres personnes qui n’ont pas obtenu justice », soutient Juan Hernandez, l’un des travailleurs guatémaltèques.

Il fait partie de ceux qui ont déposé une plainte pour fraude et menace auprès de la Gendarmerie royale du Canada et de la Sûreté du Québec.

Autres cas similaires

Cette affaire n’est pas un cas isolé. En avril 2016, quatre Guatémaltèques qui avaient travaillé dans une ferme de Drummondville ont eu gain de cause auprès du Tribunal administratif du travail. Ils avaient été exploités et abusés par leur employeur.

Cinq ans plus tôt, 57 travailleurs de Colombie-Britannique avaient déjà obtenu gain de cause après s’être plaints de leurs conditions de travail.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain

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